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Big data, un outil « avancé, efficace et réactif » (DEPF)

Rabat – Les mégadonnées, souvent désignées sous le terme « Big data », constituent un outil « avancé, efficace et réactif » pour alimenter et éclairer la prise de décision dans ce contexte de la crise sanitaire liée à la pandémie du nouveau coronavirus (covid-19), souligne la Direction des études et des prévisions financières (DEPF).

« La crise covid-19, étant donné la multidimensionnalité et l’intersectorialité de l’impact qu’elle a engendrés, a permis d’émerger l’utilisation des Big data comme outil avancé, efficace et réactif pour alimenter et éclairer la prise de décision dans un contexte de grande incertitude », indique la DEPF dans une étude sur « les apports des Big data pour le suivi de l’activité économique et la prévision ».

En effet, ces big data ont été l’un des outils les plus influents de la réponse mondiale à cette pandémie pour prédire les résultats potentiels et sauver des vies, relève la même source, ajoutant que des données importantes ont été accumulées de tous les points de données du monde entier.

La modélisation mathématique a pris, par la suite, ces données et les a utilisées pour identifier les points géographiques critiques de la maladie, créer des modèles de prédiction de décès, fournir des estimations concernant les tests et le besoin de fournitures pour les tests, et guider la prise de décision parmi les décideurs politiques, les prestataires de soins de santé et d’autres acteurs clés.

D’après cette étude, « les informations utilisées sont précieuses et les données importantes peuvent sauver des vies, mais elles ne sont pas infaillibles et perdent de leur valeur lorsqu’elles ne sont pas combinées avec le point de vue de la science et avec la réalité sur le terrain ».

Les mégadonnées sont évolutives et peuvent fournir des informations novatrices, en temps réel et plus détaillées pour l’analyse économique et financière, fait remarquer la DEPF, notant que les opportunités des big data pour chaque pays sont, toutefois, asymétriques et dépendent des caractéristiques du pays et de la disponibilité des systèmes et réseaux générant ces données.

En outre, les Big Data peuvent être utiles aux statistiques macroéconomiques et financières et, en définitive, à l’élaboration des politiques grâce à trois caractéristiques essentielles. Il s’agit de répondre à de nouvelles questions et produire de nouveaux indicateurs, de rattraper les retards dans la disponibilité des statistiques officielles et soutenir la prévision des indicateurs existants, ainsi que d’être une source de données innovante dans la production de statistiques officielles.

Par ailleurs, la DEPF souligne que le succès des mégadonnées ne réside pas dans la mise en œuvre d’une technologie particulière, mais dans la création d’un environnement de personnes et de processus qui exploite les innovations des Big Data.

Compte tenu de la diversité des compétences requises pour gérer les Big Data, ce succès offre également aux organisations la possibilité de briser leurs cloisonnements internes, y compris entre les utilisateurs et les producteurs de données et de statistiques.

En outre, cette étude met en avant l’importance de la coopération statistique internationale pour surmonter les défis liés aux Big Data et établir des partenariats durables entre les agences statistiques nationales et internationales, les utilisateurs et les propriétaires de données. Les opportunités, les défis et les implications potentielles sont particulièrement élevés pour les agences nationales de statistique, ajoute-t-on.

Cependant, relève la DEPF, « l’incorporation des big data en tant que nouvelles sources de données, complétant ou se substituant aux sources de données traditionnelles, ne sera pas épargnée par les défis méthodologiques, organisationnels et budgétaires ».

En outre, poursuit-elle, l’utilisation croissante des mégadonnées dans différents pays montre la valeur de la coopération internationale et de l’apprentissage des autres. Ainsi, et au-delà des défis de l’utilisation de ces big data, la communauté statistique internationale devrait travailler mutuellement sur de nouvelles normes pour les statistiques officielles, préconise la même source.

De plus, pour se tenir au courant des développements, les agences doivent rechercher de manière proactive des sources de données volumineuses afin de répondre aux besoins de recherche les plus urgents.

Et de conclure: « Les big data sont un complément de statistiques publiques plutôt que substitution. Toutefois des règles de contrôle sont indispensables concernant la qualité des données, la rigueur statistique et la protection des informations personnelle ».

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