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Cinq questions à Oualid Amri, vice-président de la FNSPM

Propos recueillis par Hasnaa ELAKKANI

Casablanca – Dr Oualid Amri, vice-président de la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens, présente, dans une interview accordée à la MAP, le point de vue des pharmaciens sur l’impact de la crise sanitaire sur le secteur, ainsi que l’implication de ce corps dans la lutte contre la propagation du virus.

Dans cette interview, Dr Amri, également président du Syndicat des pharmaciens de Casablanca, propose de mettre tous les médicaments utilisés dans la lutte contre la maladie dans leur contexte légal de dispensation qu’est la pharmacie d’officine, afin de permettre aux patients Covid de s’approvisionner directement dans les officines et alléger ainsi le poids sur les structures hospitalières.

1 – Comment vous évaluez l’impact de la pandémie sur l’activité des pharmaciens ?

La pandémie a eu un impact économique direct sur l’activité officinale. Plusieurs secteurs économiques ont été touchés et le pouvoir d’achat de beaucoup de nos concitoyens a été impacté directement et indirectement et ça a eu une répercussion également sur le chiffre d’affaires des officines dans plusieurs régions du Royaume.

L’estimation des pertes pour les pharmaciens varie entre 38% et 62% selon un sondage effectué auprès d’un bon nombre de pharmaciens. mais cela varie selon les lieux d’implantation (centre ville, périphérie ou en régions rurales).

Certes, l’activité a été maintenue comparativement à d’autres secteurs, mais il y a eu un impact quand même en tenant compte de tout ce qui se passe en relation avec cette crise sanitaire inédite qui touche notre pays.

2- Qu’est ce que vous pensez de la façon dont vous êtes associés à la lutte contre la propagation du virus? Quel est votre apport ?

Les pharmaciens ont été à l’avant-garde durant cette pandémie qui touche notre pays. La pharmacie est l’espace de premier recours pour les citoyens/patients au quotidien, c’est l’espace conseil en puissance et l’espace confiance qui est ouvert jour et nuit 24/24 à travers les pharmacies de garde et c’est aussi l’espace de santé qu’on retrouve aux 4 coins du pays même dans les endroits les plus reculés où il n’y a aucune structure sanitaire.

Les pharmaciens ont été au front et ils se sont impliqués bien avant la déclaration de l’état de crise sanitaire. Le syndicat du grand Casablanca avait même organisé, début février, une conférence sur le Covid-19 en vue de sensibiliser les pharmaciens, à travers une campagne de presse, des affiches, des flyers…

3- A quel point les pharmaciens marocains sont impliqués dans cet élan de mobilisation que mène le corps médical en vue de lutter contre cette maladie ?

Les pharmaciens ont été au rendez-vous avec le peu de moyens qu’ils avaient et malgré qu’ils n’aient obtenu aucune aide. Mais ils ont répondu présents pour leur pays avec abnégation et patriotisme. Les pharmaciens ont toujours été et de tout temps aux avants-garde durant toutes les épidémies qui ont touché notre pays et jouent pleinement le rôle qui leur incombe et je tiens à leur rendre hommage et les féliciter. Sans oublier que nos confrères et nos collaborateurs ont été touchés par cette pandémie et certains ont même perdu la vie.

Sincèrement, on n’a pas toujours été associé directement, peut être sensiblement ces derniers temps.. Mais les pharmaciens de par leur rôle et à travers leurs instances ont joué pleinement leur rôle et ont répondu présent pour sensibiliser, conseiller et accompagner nos concitoyens au quotidien, afin de minimiser l’impact de cette pandémie.

4- Qu’est ce que vous proposez pour soutenir les autorités face à cette pandémie sans précédent ?

Les pharmaciens souhaiteraient que tous les médicaments se retrouvent dans leur contexte de dispensation légal, qu’est la pharmacie d’officine. Nous avons un rôle à jouer surtout pour les patients Covid qui poursuivront leur traitement chez eux à la maison. Et donc ça va permettre d’alléger le flux au niveau des hôpitaux et permettre à ces patients de s’approvisionner plus sereinement au niveau des officines après prescription bien sûr.

Je propose de mettre le Plaquenil et les autres produits au niveau du circuit officinal et ne seront remis que sur prescription médicale, et ce pour les patients qui ne seront pas hospitalisés.

Je demanderais aux autorités d’être à notre écoute et permettre aux « patients Covid » de s’approvisionner directement dans les officines pour alléger un peu le poids sur les structures hospitalières.

Nous demandons également aux autorités d’arrêter de procéder à la fermeture des officines pendant 14 jours quand l’un des membres de l’équipe officinale est touché. Le citoyen a besoin de cet espace de santé et de proximité qui est très important au quotidien pour le conseil et le suivi. Un pharmacien touché peut se faire remplacer par un pharmacien assistant ou remplaçant et c’est le cas pour les aides pharmaciens.

5- Qu’est ce que vous pensez du mécanisme permettant aux pharmaciens d’officine de transférer les patients susceptibles d’être contaminés vers les centres de santé? Est ce que vous avez les moyens pour le faire (tests rapides… )?

Les mécanismes sont claires, ce sont les mécanismes préconisés par le ministère de la santé et les numéros verts transmis.

Pour le dépistage, malheureusement et contrairement à d’autres pays pour ne citer que la France, cette possibilité n’a pas été accordée en sachant qu’il y a 12.000 pharmacies au Maroc et même dans les endroits reculés où il n’y a aucune structure sanitaire et qu’on pourrait avoir un rôle très important dans le dépistage massif ou ciblé, vu notre rôle de proximité et notre rôle en tant qu’espace de premier recours pour le patient marocain.

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