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Covid-19: un PLFR s’avère primordial (Universitaire)

Rabat – Face à la persistance de la crise sanitaire de la pandémie du nouveau coronavirus (covid-19) et à ses impacts économiques et sociaux, un projet de loi de finances rectificative (PLFR) devient primordial, a souligné Omar Hniche, vice-président de l’Université Mohammed V de Rabat, chargé des affaires académiques et estudiantines.

Ce PLFR s’avère nécessaire pour tenir compte des conséquences budgétaires de cette pandémie et mettre à jour les hypothèses qui ont servi pour la préparation la loi de finances initiale, a expliqué M. Hniche à la MAP.

Et de poursuivre: « Les crédits ouverts lors de la loi de finances initiale sont vraisemblablement déjà en partie obsolètes et ne sont plus en mesure de répondre aux déséquilibres provoqués par l’impact socio-économique du covid-19, ce qui nécessite une réactualisation des paramètres retenus pour son élaboration ».

M. Hniche, également directeur du Centre interdisciplinaire de recherche en performance et compétitivité (CIRPEC), a noté que les nouveaux paramètres à prendre en considération concernent notamment le repli du PIB, les effets de la sécheresse avec un niveau de pluviométrie très bas et des conditions climatiques très défavorables, la baisse de la demande intérieure et la récession de l’économie mondiale qui affecte les activités orientées vers l’extérieur.

Il s’agit également des prévisions de recettes qui devraient subir, pour la partie fiscale, un recul important, de l’effondrement du prix du baril du pétrole et du repli des réserves de change, a-t-il ajouté, estimant que le PLFR devrait apporter les réponses techniques et financières au plan de relance économique post-coronavirus.

Ce plan devrait donner une priorité absolue à l’investissement et à la commande publique via le renforcement du soutien budgétaire de l’Etat à l’économie et de son investissement pour relancer la machine économique, permettre la mise en place un appui spécifique pour certaines activités, particulièrement celles les plus touchées par la pandémie (le transport, le tourisme, l’artisanat, l’automobile, l’aéronautique, le textile, les BTP et l’agriculture) et ce, tout en tenant compte des spécificités de chaque secteur et en veillant à une cohérence entre les politiques sectorielles, a recommandé M. Hniche.

Il est aussi question de prioriser certains secteurs notamment la santé, la formation, la recherche scientifique et la transformation digitale, en les hissant au rang des priorités des stratégies et des politiques publiques, a-t-il soutenu, mettant l’accent sur l’importance d’une politique d’ouverture et d’intégration du Maroc qui consiste à repenser la mondialisation à l’aune de la souveraineté et du renforcement de l’indépendance économique.

Ce PLFR devrait également prévoir l’amélioration des dispositifs de soutien à la trésorerie des entreprises et à l’emploi, tout en y ajoutant une dimension citoyenne, prévoir des crédits pour le renforcement des participations financières de l’État dans les entreprises stratégiques en difficulté et être axé sur une politique de relance budgétaire consistant à renoncer, provisoirement et de manière conjoncturelle, aux règles d’orthodoxie budgétaire (la fameuse règle des 3% du déficit budgétaire) et à accepter un petit dérapage des finances publiques (une aggravation du déficit public de deux à trois points de plus), a préconisé le directeur du CIRPEC.

Parallèlement, a-t-il ajouté, ce projet de loi de finances devrait trouver le dosage idéal entre les mesures budgétaires de relance économique et les précautions indispensables à la viabilité à long terme de la dette publique et ce, dans la perspective d’incarner le rôle primordial de l’Etat sur le plan de la relance économique, laquelle devrait trouver un arbitrage optimal entre les équilibres macro-économiques, sociaux et environnementaux.

Et de conclure: « Il est clair que cette crise que nous vivons aujourd’hui ainsi que tous les défis que nous aurons à surmonter collectivement ne peuvent se comparer à aucune situation survenue au cours des dernières décennies, en l’absence de crises similaires. Touchant l’ensemble des sphères de notre société, elle nous oblige à faire preuve de précaution, de résilience, de solidarité, d’optimisme et de nous serrer les coudes pour y faire face et trouver les meilleures solutions ».

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