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Digital: L’inclusion, pièce maîtresse d’une transformation réussie

Maria Mouatadid.

Casablanca – L’inclusion se veut plus que jamais un facteur clé de succès de la transformation digitale au Maroc, qui connaît un tournant décisif depuis l’avènement de la crise sanitaire liée au coronavirus, à même de permettre l’émergence de nouveaux paradigmes économiques, mais aussi sociaux.

Une nouvelle réalité dictée par le contexte actuel qui a démontré le caractère crucial et urgent de l’accélération de cette transformation et de la généralisation de l’accès aux prestations et services numériques, à toute la population.

Il s’avère, dès lors, qu’il s’agit de défis de taille à relever pour prévenir contre d’éventuels chocs et bâtir une économie orientée davantage vers le digital, lequel permet d’assurer aux administrations et aux entreprises des environnements plus agiles.

C’est d’ailleurs dans cette optique que le Conseil économique social et environnemental (CESE) préconise, dans un récent avis, l’adoption d’une vision claire pour une transformation digitale inclusive et responsable permettant, dans un délai de trois ans, d’assurer un accès généralisé à l’internet haut débit et très haut débit, à l’ensemble de la population, avec une qualité de service satisfaisante et de moderniser les services administratifs par la digitalisation de toutes les procédures administratives.

Dans cet avis, qui apporte un éclairage bienvenu sur un secteur en perpétuel évolution et en plein essor, le Conseil soulève l’insuffisance des initiatives lancées pour garantir les prérequis d’une transformation digitale aboutie et résorber une fracture numérique patente.

En effet, ceci se manifeste, entre autres, dans le retard important accusé dans la mise en œuvre de politiques antérieures de transformation digitale au niveau de plusieurs secteurs tels que l’Administration, la Santé, l’Education et l’Industrie, ainsi que dans la faible couverture géographique en infrastructures Internet haut débit et très haut débit, d’après le CESE.

Il s’agit aussi du caractère parcellaire et parfois inadapté du cadre législatif et réglementaire, notamment en matière de télétravail, du manque d’acteurs technologiques locaux, de la faible production d’un contenu digital, culturel et éducatif national et de l’absence d’une feuille de route nationale d’intelligence artificielle.

Des constats qui nécessitent d’entreprendre une série de mesures en vue de rectifier le tir et partir sur de bonnes bases, en particulier en temps de relance post-covid.

D’où la proposition du CESE d’accorder la priorité au digital comme un moyen par défaut de la mise en œuvre des lois, réglementations et services publics et de promouvoir de nouvelles applications ou nouveaux systèmes à fort impact sur le parcours des usagers (citoyens et entreprises).

Le Conseil recommande aussi de se doter d’un cadre réglementaire complet et adapté en matière de digitalisation, notamment en ce qui concerne le télétravail et la protection des données et d’améliorer la cybersécurité et la souveraineté numérique.

L’objectif est bien évidemment de favoriser une transformation digitale responsable, basée sur une meilleure résilience des infrastructures, une confiance numérique renforcée, la protection des données à caractère personnel, en plus de la généralisation de la signature électronique et développer des data centers souverains nationaux et régionaux. Et là, le pilier pourrait être des partenariats public-privé (PPP) qui permettront à l’Etat et aux entreprises nationales d’héberger leurs actifs stratégiques (données et applications).

Parallèlement, le CESE préconise d’œuvrer en faveur de l’émergence d’un « écosystème » digital marocain en utilisant le levier de la commande publique et des mécanismes de financement innovants pour les acteurs du secteur et de faire bénéficier les entreprises qui investissent dans leur digitalisation, d’incitations financières telles que le sur-amortissement et la garantie de financement par l’Etat.

Il s’agit aussi d’accélérer le déploiement du paiement mobile avec l’interopérabilité à l’échelle nationale pour rattraper le retard accusé en matière d’inclusion financière et diminuer l’usage du numéraire.

Si la question de la digitalisation ne se pose plus, celle de sa mise en œuvre et son développement est appelée à être une priorité dans les stratégies des administrations et des entreprises pour mieux se préparer à l’avenir.

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