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E-transactions: 4 questions à Amal Alaoui, DGA de NAPS

Casablanca – La directrice générale adjointe de NAPS, filiale du groupe M2M spécialisée dans les services de paiement électronique, Amal Alaoui, décrypte dans un entretien accordé à la MAP les apports de la Loi n°43.20 relative aux services de confiance pour les transactions électroniques.

1. Comment la Loi n°43.20 peut-elle renforcer la confiance des usagers pour les transactions électroniques ?

Cette loi institue aujourd’hui le cadre juridique et fonctionnel qui permettra la mise en œuvre d’un système national d’identité numérique et organisera les rôles des différentes parties prenantes. Il s’agit de l’autorité nationale qui sera mise en place, les prestataires de services de confiance qui seront autorisés, les opérateurs qui intégreront le dispositif dans leur business model et enfin les clients qui utiliseront leurs identités numériques certifiées pour accéder aux services publics et privés de façon simplifiée et totalement sécurisée.

La confiance des utilisateurs finaux sera certainement renforcée grâce aux deux grands avantages apportés par cette nouvelle loi, à savoir la simplification des dispositifs tels que la mise en place prévue de plusieurs niveaux de signatures électroniques plus adaptés aux enjeux de sécurité liées à chaque type de transactions électroniques et, d’autre part, la certification des identités électroniques par des prestataires de services de confiance qualifiés selon plusieurs régimes permettant à ces acteurs d’adresser la diversité des usages numériques actuels et de faciliter leur développement dans le futur.

2. A quel point cette loi favorisera-t-elle la révolution digitale du Maroc ?

Cette loi constitue un dispositif central dans la stratégie nationale visant une digitalisation accrue, interopérable et totalement inclusive. Elle permettra d’instaurer un écosystème de confiance numérique global, ouvert et réglementé.

Il importe ici de rappeler que le Maroc dispose d’ores et déjà d’un écosystème de confiance numérique de référence dans le secteur du paiement électronique qui permet depuis des années l’authentification forte des identités numériques appliquée aux transactions de paiement en ligne, basée sur des technologies avancées et conforme aux standards internationaux en termes de protection des données et des identités.

La loi n°43.20 relative aux services de confiance pour les transactions électroniques viendra consolider tous les acquis au sein d’un schéma national qui d’abord simplifie, normalise et sécurise la certification électronique des identités et qui ouvre par la suite la voie à la généralisation des services digitalisés dans tous les secteurs et au profit de tous les marocains.

Notons ici les retours d’expériences mondiales probantes dans ce domaine telles que celles de l’Estonie, la Finlande ou la Corée du Sud qui étaient précurseurs dans la mise en place de modèles de certification électronique à grande échelle et qui affichent aujourd’hui des taux de pénétration de services digitalisés qui avoisinent dans certains cas les 100%.

3. Quel impact aura-t-elle sur votre activité en particulier ?

En tant que 1er opérateur de paiement électronique indépendant et filiale d’un groupe technologique, NAPS a fait le choix d’un modèle agile totalement centré sur l’expérience digitale apportée aux utilisateurs qu’ils soient commerçants, professionnels, institutionnels ou particuliers.

Nous étions précurseurs dans l’introduction de concepts novateurs ayant permis d’une part aux commerçants de pré-souscrire en ligne à nos solutions TPE et e-commerce, et d’autre part, aux particuliers de commander en ligne leurs cartes de paiement et de bénéficier d’un service gratuit de livraison de leurs cartes à domicile.

Aujourd’hui, les facilités prévues par cette nouvelle loi nous permettront d’étendre ce modèle en digitalisant toute la chaine de valeur, notamment la phase de souscription qui utilisera l’identité numérique régalienne pour délivrer des contrats numériques, aux particuliers et aux professionnels, en s’appuyant sur les services de confiance liés à la signature, au cachet et à l’horodatage électroniques.

Ce niveau d’agilité optimale nous permettra de fournir une accessibilité instantanée aux services et moyens de paiement, d’accélérer le déploiement des programmes de digitalisation dans les écosystèmes B2B, et de contribuer de façon industrialisée au développement de l’inclusion financière et technologique partout au Maroc.

4. Compte tenu de la conjoncture actuelle, comment cette loi va-t-elle contribuer à la promotion des secteurs économiques ?

Par rapport au cadre juridique actuel, la Loi n°43.20 introduit plus de flexibilité en combinant différents régimes qui sont plus adaptés à la diversité des usages adressés. Elle distingue en particulier les usages à faible ou moyen enjeu de sécurité de ceux à plus fort enjeu.

Elle intègre également de nouveaux services de confiance numérique dits complémentaires. Elle prévoit aussi différents régimes pour le statut de prestataires de services de confiance.

Ce dispositif plus varié et plus complet devrait favoriser une adoption plus large de la certification électronique en répondant aux besoins d’ores et déjà exprimés par les acteurs économiques et les administrations publiques mais également à de nouveaux usages du digital qui accompagneront l’évolution des modes de vie et de consommation des Marocains.

Il importe également de souligner que l’entrée en vigueur de cette nouvelle loi intervient dans une conjoncture post-confinement qui a mis en évidence la nécessité de développer de façon rapide et durable des écosystèmes digitalisés de bout-en-bout, requérant le déploiement de services d’identification et de paiement électronique simples, sécurisés et faciles d’accès pour tous, et dans de nombreux domaines clés que sont l’administration publique, les services financiers, le commerce, l’assurance, l’éducation et la santé.

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