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Immobilier: Les promoteurs en quête de visibilité !

Par Karima El Otmani.

Les promoteurs immobiliers, qui continuent de souffrir des répercussions de la crise asphyxiante liée à la pandémie du Covid-19, guettent la moindre lueur de visibilité quant à l’avenir et misent énormément sur la prochaine saison estivale.

Une visibilité qui s’impose plus que jamais pour amorcer une véritable relance tant attendue et ce, après cette période du mois sacré de Ramadan où les show-rooms immobiliers sont fermés après la rupture du jeûne, suite à la décision du couvre-feu nocturne, laquelle s’avère nécessaire pour lutter contre la propagation de ce virus, essentiellement avec l’apparition de nouveaux variants.

D’ailleurs et comme l’a affirmé Anice Benjelloun, vice-président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI), les promoteurs immobiliers souffrent généralement d’une absence de visibilité en cette période, notant que l’heure est à l’adaptation de l’offre à la demande.

« Le plus inquiétant en cette période, c’est que l’offre n’est pas toujours adaptée à la demande, parce que le foncier reste très cher. Notre marge de manœuvre est très limitée et le pouvoir d’achat reste toujours restreint », a-t-il expliqué.

Parallèlement, l’impact de certaines mesures prises pour relancer le secteur a été sans conteste positif, a estimé M. Benjelloun, précisant que le droit d’enregistrement a eu un effet amplement apprécié sur l’acte d’achat. « Malheureusement, cette disposition prendra fin au mois de juin », a-t-il regretté.

Même son de cloche chez Leila Berrada, la Directrice générale du groupe Omnidior qui a déploré l’incertitude liée à l’acte d’achat. « Nous n’avons pas de visibilité vis-à-vis de la période estivale. La situation risque d’être de plus en plus compliquée ».

Pendant cette crise, a-t-elle poursuivi, l’offre immobilière s’est adaptée largement en termes de prix et de produit, offrant ainsi de vraies opportunités d’investissement que l’acquéreur peut saisir.

« Mais cela dépend de la situation professionnelle de chacun. Passer à l’acte d’achat n’est pas du tout facile dans un contexte marqué par une fragilité générale. A titre d’exemple, le logement social, étant le plus impacté à cause de la limitation du pouvoir d’achat de la classe moyenne, a connu une chute vertigineuse malgré les avantages qu’il présente », a fait valoir Mme Berrada.

Actuellement, il faut se pencher sur les solutions de relance et les stratégies à adopter, et mettre l’accent sur les enjeux post-Covid et les solutions adaptées afin de permettre à ce secteur vital de l’économie marocaine de retrouver son dynamisme, a-t-elle insisté.

De son côté, Amine Mernissi, expert en immobilier et auteur du guide « Répons’IMMO » a indiqué que « le sentiment d’incertitude lié à la pandémie est toujours présent ».

« Mais de la même façon que nous devons vivre avec, nous devons également apprendre à travailler avec », a-t-il dit dans un entretien accordé à la MAP.

Selon l’expert, durant ces deux dernières années, la donne a changé. « Confinement oblige, le couvre-feu national de 20h à 6h du matin, interdit de facto toute ouverture de commerces durant cette tranche horaire. Par conséquent, les promoteurs immobiliers devront s’adapter en concentrant toute leur action durant la seule journée et également continuer à investir sur l’axe digital pour promouvoir leur politique commerciale et leur relation de proximité avec leur clientèle ».

La saison estivale, traditionnellement marquée par une effervescence de l’activité immobilière en raison notamment du retour des Marocains résidant à l’étranger (MRE), n’a pas été au rendez-vous en 2020, en raison de la fermeture des frontières, a relevé M. Mernissi.

Toutefois, malgré ces contraintes, les MRE ont investi près de 7 milliards de dirhams (MDH) au titre de l’année écoulée dans de l’immobilier ou du foncier, soit près de 10% du montant de leur transfert de devises (70 MMDH), a-t-il rappelé, ajoutant que pour l’été 2021, « les prémices de la préparation de l’opération Marhaba sont là ».

En outre, M. Mernissi a fait remarquer que « la situation sanitaire chez nous connaît un regain d’espoir à la faveur de la campagne de vaccination de la population », notant que d’ici l’été, les indicateurs peuvent sensiblement s’améliorer et permettre une plus grande libération de l’activité économique dont l’immobilier.

Une situation qui, d’après lui, aura un impact positif certain sur les décisions d’achat tant des nationaux que des MRE et surtout si un effort particulier est fait sur le prix et la qualité des produits de la part des promoteurs.

Finalement, les promoteurs immobiliers semblent déterminés à réussir cette période estivale, dans la perspective d’effacer les pertes encaissées durant l’année écoulée où le nombre de transactions a diminué de 15,2%, selon Bank Al-Maghrib (BAM) et l’Agence nationale de la conservation foncière du cadastre et de la cartographie (ANCFCC).

A en croire leurs chiffres, la contraction des ventes a concerné l’ensemble des catégories de biens, avec des replis dans le résidentiel (18,2%), les terrains (7,7%) et les biens à usage professionnel (5,4%).

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