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Interview avec la ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, Fatim-Zahra Ammor

La ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, Fatim-Zahra Ammor, a accordé une interview à la MAP sur les détails de la Feuille de Route stratégique du tourisme 2023-2026, les perspectives pour la saison d’été prochaine, ainsi que les améliorations introduites pour l’édition 2023 du programme “Forsa”.

1. Comment la mise en œuvre de la feuille de route va permettre d’atteindre 26 millions de touristes à l’horizon 2030 ?

La feuille de route que nous venons de lancer a pour ambition de remettre le secteur du tourisme au cœur des priorités nationales. Notre vision est de doubler le nombre d’arrivées à 26 millions de touristes à horizon 2030.

D’ici là, notre objectif est d’atteindre 17,5 millions de touristes en 2026 (soit une croissance de 10% par an), de générer 120 milliards de dirhams (MMDH) de recettes de voyage en devises, et de créer 200.000 emplois directs et indirects.

Notre feuille de route 2026-2030 repose d’abord sur une restructuration de l’offre en passant d’une logique de destination pure à une nouvelle logique basée sur des filières offrant des expériences touristiques transverses.

Neuf filières thématiques seront ainsi développées pour répondre aux nouvelles demandes des touristes, notamment: “Ocean Waves” pour les sports nautiques, “Nature Trekking and Hiking” pour le tourisme vert, “City Break” pour les courts séjours courts urbains, “Beach&Sun” pour l’offre balnéaire, “Desert & Oasis Adventure” pour les escapades dans le désert, le tourisme d’affaires pour les événements professionnels, les circuits culturels pour les expériences immersives, le bord de mer pour le tourisme interne estival, et nature et découverte pour des expériences plus adaptées aux touristes locaux.

En plus des 9 filières thématiques, 5 filières transverses visant à valoriser le patrimoine immatériel du Maroc seront également développées. Celles-ci incluent la gastronomie et les produits du terroir, les festivals et moussems, le développement durable, l’artisanat et le savoir-faire local, ainsi que l’hébergement alternatif responsable et authentique.

Nous avons également identifié 6 leviers de compétitivité indispensables pour la réalisation des objectifs, à savoir le doublement de la capacité aérienne en multipliant les liaisons point à point domestiques et internationales, le renforcement de la promotion et la distribution à travers des partenariats stratégiques avec les plus grands tour-opérateurs et voyagistes mondiaux, la stimulation de l’investissement dans l’animation, la consolidation de l’offre hôtelière par la mise à niveau du parc hôtelier existant et la création de nouvelles capacités, le renforcement du capital humain pour améliorer la qualité de service et augmenter le taux de retour des touristes et le renforcement de l’Observatoire du tourisme pour en faire un outil de pilotage efficient et d’aide à la décision.

Enfin, dernier point mais pas des moindres, nous estimons que la gouvernance est une condition de réussite essentielle à notre feuille de route. C’est pourquoi, nous avons prévu plusieurs organes qui joueront un rôle important dans le pilotage et l’exécution de la feuille de route au niveau central, régional et territorial, notamment la Commission Nationale Interministérielle du Tourisme, présidée par le Chef du gouvernement.

2. Les 6,1 MMDH d’où proviennent-ils, et est-ce qu’ils s’ajoutent au 2 MMDH du plan d’urgence ?

Le plan d’urgence, doté d’une enveloppe globale de 2 MMDH, a été sécurisé par le gouvernement 3 mois après sa nomination, afin d’atténuer l’impact de la pandémie sur les professionnels. La moitié de cette enveloppe a permis de maintenir les emplois et alléger les contraintes financières sur les professionnels.

L’autre moitié a été dédiée aux établissements hôteliers classés, pour leur permettre de se préparer à la reprise, environ 800 établissements hôteliers ont pu bénéficier de subventions conséquentes à cet effet.

En ce qui concerne la feuille de route, nous avons mobilisé avec le ministère de l’Économie et des Finances, une enveloppe supplémentaire de plus de 6 MMDH qui, je précise, est dédiée à l’accélération de la feuille de route 2023-2026. C’est donc bien 8 MMDH sur lesquels le gouvernement s’est engagé en moins d’un an pour le secteur du tourisme

3. Les recettes touristiques ont dépassé 81 MMDH à fin novembre 2022 en hausse de 153.2 % en une année, est-ce qu’on peut s’attendre à des niveaux d’avant pandémie lors de cette année ?

A fin décembre 2022, les recettes de voyage en devises ont atteint le record de 91.3 MMDH, soit une hausse de 16 % par rapport à 2019.

Il est par ailleurs important de rappeler que les dépenses par touriste ont connu une progression de plus de 20% en passant de 6.000 dirhams en 2019, à 7.400 dirhams en 2022, ce qui a fortement contribué à la croissance des recettes en devise.

Avec le déploiement des chantiers de notre nouvelle feuille de route, nous pensons que 2023 va être une année de rupture et que les recettes vont franchir la barre des 100 MMDH.

4. Quelles perspectives pour la saison d’été prochaine ? Quid des campagnes qui vont être lancées ?

Notre secteur a connu une reprise soutenue pendant la saison estivale 2022, et nous sommes en train d’accélérer la cadence pour le prochain été.

Pour ce faire, nous avons signé plusieurs partenariats, notamment avec le voyagiste “AllTours” couvrant les saisons été 2023 et hiver 2023-2024, avec un objectif de 10.000 clients au départ du marché germanique, ainsi que “TUI Group” couvrant les 5 prochaines années, allant de la saison été 2023 à l’hiver 2027-2028, et permettant de doubler leurs arrivées touristiques vers le Maroc avec un taux de croissance de l’ordre de 220%.

Aussi, nous continuerons de renforcer nos efforts de promotion à travers la campagne “Maroc, Terre de Lumière” dans les principaux marchés émetteurs. Sans oublier le momentum exceptionnel que connait notre pays en ce moment à l’international et dont nous récolterons les fruits tout au long de l’année 2023.

5. Quel est l’objectif du programme « Forsa » en termes de nombre de projets à financer en 2023 ?

Notre objectif pour cette deuxième édition du programme gouvernemental Forsa est d’accompagner et financer 10.000 porteurs de projet.

A l’instar de la première édition, une enveloppe budgétaire de 1,25 MMDH a été allouée au programme pour garantir l’atteinte de ses objectifs qualitatifs et quantitatifs en matière de formation, d’accompagnement et de financement.

6. Quels sont les domaines d’activité et la répartition géographique des projets ayant reçu l’approbation pour le financement ?

Les 10.000 lauréats de la 1ère édition sont actifs dans tous les secteurs d’activité.

La répartition géographique suit quant à elle celle de la population marocaine. Les 12 régions du Maroc sont aujourd’hui représentées dans les porteurs de projets financés. C’est dire à quel point la plateforme “forsa.ma” a garanti la démocratisation de l’accès à l’entreprenariat et a permis à des personnes de toutes les régions de candidater.

Nous continuerons à œuvrer pour la représentativité régionale lors de la 2ème édition en phase avec les orientations du programme de stimuler l’entrepreneuriat et de créer des opportunités d’emploi équitables dans toutes les régions du pays.

7. Quelles sont les améliorations qui seront introduites pour l’édition 2023 du programme Forsa ?

Nous sommes satisfaits du modèle que nous avons mis en place pour la première édition qui nous a permis d’atteindre l’objectif en un temps record.

L’idée pour Forsa 2023 est de capitaliser sur ce qui a été fait tout en apportant certaines améliorations, comme par exemple, augmenter le taux de participation des femmes et du monde rural pour plus d’inclusion des populations fragiles.

Nous allons aussi renforcer le suivi post-financement grâce à un nouveau dispositif d’accompagnement rapproché pendant 24 mois assuré par des experts métiers pour assurer le la pérennité des projets financés.

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