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La micro-épargne, élément phare de la réforme du microcrédit

Hasnaa ELAKKANI

Les acteurs du microcrédit fondent beaucoup d’espoir sur le nouveau projet de loi en gestation qui prévoit, entre autres, l’offre des services de micro-épargne pour résoudre la problématique des ressources financières.

« Une réforme de la loi relative au microcrédit a été engagée à l’effet d’introduire une nouvelle catégorie d’institutions de micro-finance agréées à offrir, outre le microcrédit, des services de micro-épargne et de permettre l’exercice de l’activité de micro-assurance », a appris la MAP auprès de Bank Al-Maghrib.

L’objectif de cette réforme, qui permettra aux associations du microcrédit (AMC) de mobiliser l’épargne et de diversifier leurs produits et d’accéder à des ressources financières importantes pour financer leur croissance, est de favoriser le développement du secteur et de dynamiser son action pour un plus grand impact auprès des populations cibles.

Conscientes de l’importance du secteur dans le paysage financier, les parties prenantes de la Stratégie nationale de l’inclusion financière ont érigé le micro-crédit en tant que levier primordial vu son rôle dans le financement des activités génératrices de revenu (AGR) et des micro-entreprises.

Dans ce sens, une première mesure légale a été prise en 2019 pour relever le plafond du microcrédit de 50.000 dirhams à 150.000 dirhams afin de cibler également le segment de la TPE.

Le Covid-19, accélérateur de réforme ?

Le secteur du microcrédit a particulièrement été touché par les effets de la crise sanitaire au regard de sa clientèle cible, par nature vulnérable et à faibles revenus. Il a ainsi connu un quasi-arrêt de la production de crédit sur le 2ème trimestre de l’an dernier. De même, l’activité de recouvrement n’a pu être opérée compte tenu des contraintes sanitaires et des difficultés vécues par les emprunteurs.

Dans ce contexte, les associations de microcrédit ont accordé des reports de crédit à grande échelle. A titre indicatif, plus de 80% du portefeuille de petits prêts a bénéficié de reports d’échéance sur la période de mars à juin. Certaines AMC ont reconduit ces reports pour une nouvelle période de 1 à 3 mois courant le 2ème semestre 2020, selon Bank Al Maghrib.

En effet, l’encours de crédit s’est établi à 8,1 milliards de dirhams à fin 2020 en progression de 9% en lien notamment avec les crédits additionnels octroyés à la clientèle dans le cadre de la restructuration de leur prêt initial en raison de la crise.

Sur le plan de la sinistralité, les créances en souffrance ont significativement augmenté au cours de l’année écoulée portant le niveau de ce portefeuille à 9% contre 3% à fin 2019.

Face à cette situation, et à titre de mesure d’accompagnement du secteur, la Banque centrale a décidé en juin 2020 d’assouplir temporairement, jusqu’à fin juin 2021, les règles de classification, de provisionnement et de radiation des créances en souffrance applicables aux associations de microcrédit.

Le Conseil de Bank Al-Maghrib a également décidé lors de sa réunion du 16 juin 2020 la mise en place d’un mécanisme de refinancement des banques portant sur les financements accordés aux AMC.

Démarrage effectif du Fonds de garantie microfinance

Bank Al-Maghrib a par ailleurs œuvré, aux côtés du ministère de l’Économie, des Finances et de la Réforme de l’administration et de la Caisse Centrale de Garantie et en concertation avec la Fédération nationale des associations de microcrédit (FNAM), à la mise en place d’un fonds de garantie au profit des associations de microcrédits pour couvrir les prêts restructurés dans le cadre de la crise Covid-19.

Ce fonds a été opérationnalisé et a démarré le traitement des demandes de mise en jeu de garanties soumises par les AMC au titre des créances éligibles, apprend-on auprès de la Banque centrale.

Le Fonds de garantie Microfinance vise à permettre de renforcer la capacité de secteur de la microfinance à accompagner la reprise de l’activité des AGR impactées par la crise Covid-19, essentiellement celles opérant dans l’informel et qui constituent la majeure partie de leur clientèle, et ce à travers la garantie des prêts octroyés par les AMC à ses AGR.

Lancé au Maroc dans les années 90, le secteur du microcrédit, qui permet à presque un million de micro entreprises d’accéder à des services financiers de qualité, s’est forgé au fil des années une place non négligeable dans le paysage financier. Il a pu développer un réseau estimé à plus de 1.700 agences fixes, dont 40% dans le rural, et 150 agences mobiles dédiées exclusivement au rural et au rural enclavé. Le microcrédit fait vivre quelque 4 millions de Marocains et fait travailler plus de 8.500 personnes dont 50% sont des femmes.

De grands espoirs sont ainsi nourris dans cette réforme qui constituerait, sans nul doute, un nouveau départ pour le secteur du microcrédit, avec l’avènement de deux nouvelles branches à savoir la micro-épargne et la micro-assurance qui ont déjà montré ailleurs leurs effets économiques et sociaux positifs.

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