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L’architecture d’intérieur aguiche de plus en plus de marocains

 

Par: Samia BOUFOUS

Casablanca, 22/09/2020 (MAP)- Lumière, sonorité, rapports colorés, espaces devinés, tel est le vocabulaire d’un architecte d’intérieur, qui a pour principale charge d’imaginer l’intérieur des autres pour rendre leur quotidien le plus doux possible. Un métier qui prospère gentiment, dans un Maroc offrant une excellente plateforme pour accueillir les effets de mode.

Du particulier au professionnel, le marché de l’architecture d’intérieur et de la décoration confirme sa bonne santé. Ce n’est pas un simple phénomène de mode mais bien un marché appelé à continuer de se développer, notamment avec l’évolution des modes de vie, à laquelle les professionnels se doivent de rester particulièrement attentifs pour répondre précisément à l’attente des consommateurs de plus en plus exigeants et connaisseurs.

En effet, l’engouement des marocains en matière de décoration et d’architecture d’intérieur n’est pas récent et le comportement des consommateurs dans ce domaine n’a certainement pas fini d’évoluer.

Le secteur de l’architecture d’intérieur est en plein essor depuis plusieurs années déjà, notamment à une époque où tout devient digitalisé et où les segments créatifs prennent le dessus sur les domaines conventionnels, a fait observer Hicham Lahlou, architecte d’intérieur et designer franco-marocain.

« En effet, l’architecte d’intérieur a pour mission d’esthétiser tous les espaces intérieurs conformément à un idéal de beauté spatiale, faire des conceptions architecturales qui doivent assurer le confort de l’espace, sur la base d’un jeu subtil des lumières, des décors, de la disposition des mobiliers et du volume de chaque espace, en plus d’avoir la possibilité de faire la décoration et le design », a-t-il indiqué dans une déclaration à la MAP.

Il peut par exemple, déplacer une cloison, agrandir un couloir, créer une pièce supplémentaire. Il intervient sur le gros œuvre et se charge de la décoration proprement dite. Il a aussi pour métier de concevoir l’espace jusqu’à son terme et doit penser à la façon de le consommer, a expliqué M. Lahlou. L’architecte de l’intérieur doit aussi réfléchir à la construction du volume, à la circulation de la lumière, aux matières mais peut aussi mettre en espace des meubles qu’il a dessinés lui-même.

Interrogé sur le positionnement de l’architecture d’intérieur marocaine au niveau africain et à l’international, M. Lahlou n’a pas manqué de préciser que celle-ci a toujours eu « une place assez privilégiée » en Afrique.

« Le Maroc, de part son histoire, son art de vivre, sa gastronomie et son artisanat, a toujours su faire sa place en matière d’architecture d’intérieure et est considéré parmi les pays les plus dynamiques en la matière sur le continent » a-t-il fait savoir.

Et d’ajouter que le pays est doté d’une diversité et d’une richesse culturelle et civilisationnelle de taille, datant de plusieurs siècles, à même de l’ériger en modèle singulier et c’est cette richesse même, qui fait que les grands designers internationaux se sont toujours inspirés du Maroc et viennent faire leurs projets ici.

En outre, M. Lahlou a affirmé que le Royaume dispose de profils nationaux très performants en termes d’architecture, mais dont « la compétence n’est pas vraiment exploitée ».

Il a, à cet effet, relevé que le moyen le plus sûr de favoriser l’émancipation et le développement de ce métier est de donner la chance aux marocains, notamment dans ce contexte de crise sanitaire, où la compétence marocaine devrait être au centre de l’attention.

Par ailleurs, M. Lahlou a fait savoir que la non-réglementation de ce secteur, qui ne dispose toujours pas de représentativité (fédération, groupement, association, etc.), gêne son développement, notant qu’il existe plusieurs architectes d’intérieur non diplômés, « qui font de la concurrence déloyale et portent donc préjudice au métier ».

De son côté, Zineb Tamar, architecte d’intérieur à Kénitra, a relevé qu’au Maroc, ce secteur a connu une croissance et une émancipation considérables ces dernières années, grâce notamment à la richesse de la culture marocaine, au développement des formations proposées par des écoles supérieures, ainsi qu’à l’ouverture du marché national sur des nouvelles tendances, ce qui a poussé les designers à se démarquer avec des concepts « créatifs et innovants ».

« De nos jours, il n’est plus étrange de faire appel à un architecte d’intérieur pour aménager son intérieur ainsi que des espaces commerciaux. L’architecte d’intérieur a pour mission de réfléchir et concevoir des espaces de vie ou de travail où le design rencontre la pratique, dans un cadre fonctionnel » a-t-elle poursuivi.

Attachée à l’identité marocaine, Mme Tamar, n’a pas manqué de souligner que le savoir-faire marocain est ancré de tout temps, grâce notamment, aux artisans marocains qui ont réussi à faire sortir des concepts uniques reconnus mondialement, mettant l’accent sur la nécessité de valoriser ce savoir-faire via la favorisation de la main d’œuvre nationale.

Et d’ajouter qu’afin de pouvoir développer ce secteur au Maroc, il faut de prime abord se regrouper en cadre juridique reconnu à l’échelle nationale. La constitution d’un ordre professionnel des architectes d’intérieur facilitera le développement de la profession dans sa globalité.

Une chose est sûre, le secteur de l’architecture d’intérieur devient de plus en plus accessible à tous. Il n’est pas uniquement une affaire de riches, contrairement à ce qui est répandu au sein de la société marocaine.

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