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Le conseil, un levier d’accompagnement de la relance économique

MDJS NT7ARKO W NKTACHFO

Hasnaa ELAKKANI

Le secteur du conseil, qui a connu une évolution remarquable ces dernières années, est plus que jamais appelé à jouer un rôle de levier d’accompagnement de la relance de l’économie nationale.

En effet, un grand nombre d’entreprises, toutes tailles confondues, du secteur privé comme celles du public, ont besoin de conseils en ces temps d’incertitude. Elles sont amenées, dans le contexte de la crise sanitaire, à prendre des décisions stratégiques concernant l’organisation, le système d’information, la finance ou la formation…et donc à se procurer les services d’un cabinet de conseil spécialisé.

Le marché du conseil et d’ingénierie au Maroc regorge d’une multitude de cabinets de différentes tailles, locaux mais aussi des filiales de grands groupes internationaux qui témoignent d’ailleurs de la forte attractivité du marché marocain. Cependant, le secteur souffre encore d’un certain nombre de dysfonctionnements et de fragilités qu’il faut pallier afin de lui permettre de jouer pleinement son rôle auprès des entreprises nationales.

Dans une interview à la MAP, Nabil Benazzouz, Président de la Fédération marocaine du conseil et de l’ingénierie (FMCI), a dans ce sens souligné que les programmes stratégiques lancés au Maroc notamment ceux relatifs à la Régionalisation avancée, l’Eau, l’Environnement, le Développement rural, les énergies, les Infrastructures, l’Habitat, l’Industrie, le Numérique, les Ports et la Logistique … exigent en effet de grandes compétences en Conseil et Ingénierie (CI).

Il évoque dans le même ordre d’idées « un patrimoine plus que jamais demandeur d’une réelle politique en CI à même d’assurer sa pérennité et sa résilience », mettant l’accent sur l’importance d’un savoir-faire innovant susceptible de favoriser une meilleure résilience face aux crises et catastrophes naturelles.

M. Benazzouz a souligné également la nécessité de développer un savoir-faire national en CI, rayonnant en interne vis-à-vis des investissements étrangers et aussi tête de pont de la coopération sud sud.

Des fragilités qui nuisent au développement du secteur

En revanche, l’industrie du conseil pâtit de problèmes relatifs principalement aux modes et niveaux de rémunération du CI (toutes branches confondues : conseil, étude, suivi, laboratoire, …) qui sont “inappropriés” avec des estimations de maîtres d’ouvrages n’atteignant parfois même pas 70% du coût de revient voire même moins et des offres de concurrents encore plus basses, déplore le président de la FMCI.

Il a de même pointé du doigt des textes régissant l’accès à la commande (décret de passation) et la gestion des prestations de CI souffrant de plusieurs “incohérences” et “distorsions” car souvent revus partiellement et en différé les uns par rapport aux autres.

« Le système d’agrément des bureaux de CI a été instauré en 1999 comme palliatif partiel et provisoire”, a-t-il ajouté, appelant à la “refonte du système de qualification et de classification des laboratoires ayant vu le jour en 2014 (qualification) et en 2015 (classification) après de longues années d’attente, eu égard à la confusion régnant dans cette branche d’activité hautement sensible et importante pour tout l’écosystème”.

Parmi les fragilités du secteur, M. Benazzouz a cité aussi l’insuffisance de référentiels de reconnaissance de savoir-faire aussi bien à l’échelle individuelle (collaborateurs : experts, ingénieurs, techniciens) qu’à l’échelle de firmes de CI (Labels, laboratoire de référence, …).

Il s’agit en outre, selon lui, d’une “absence”/insuffisance” d’évaluation de tout le processus des prestations de CI (du lancement d’Appels d’offre par le maître d’ouvrage à la réception voire jusqu’à l’exploitation pour certains cas) et surtout des actions et sanctions éventuelles à entreprendre en conséquence.

Nécessité de reconsidérer le rôle du CI

Quant aux perspectives de cette industrie, M. Benazzouz a estimé que “les potentialités de croissance du conseil et de l’ingénierie pourront être celle de l’économie marocaine si le CI est perçu comme le levier et le socle de base devant accompagner ladite économie”.

Le Conseil et l’ingénierie en tant que prestation intellectuelle par excellence devra être valorisée et implémentée dans la trame de base de toute approche rationnelle de gouvernance et de développement compétitif de la planification jusqu’à l’aboutissement, a-t-il souligné.

Et pour aboutir aux objectifs escomptés, cela passera inéluctablement par la reconsidération de la perception du rôle du conseil et de l’ingénierie aussi bien dans l’économie locale que dans les ambitions nationales de rayonnement régional et continental, a-t-il conclu.

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