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Le partenariat public-privé, une priorité de la relance économique

INWI1

Propos recueillis par Soukaina OUMERZOUG

Rabat – Le partenariat public-privé doit être la priorité de la relance économique après la crise du coronavirus (covid-19) et ce, dans la perspective de faire émerger un tissu d’entreprises nationales résilientes et compétitives, a souligné Mariam Cherqaoui, professeure universitaire et experte en économie, finance et entrepreneuriat.

« La responsabilité est partagée entre secteur privé et public pour réhabiliter le fonctionnement des entreprises marocaines et les utiliser comme levier important de déclinaison opérationnelle des stratégies publiques sectorielles en cette période de crise », a relevé Mme Cherqaoui dans une interview accordée à la MAP.

Le maintien de l’investissement public durant ces deux prochaines années, a-t-elle soutenu, est important aussi bien pour parfaire l’offre du Maroc en infrastructures de développement économique et social que pour contribuer de manière plus directe à l’effort des investisseurs privés de mieux restructurer leurs entreprises.

Pour cette experte, des subventions publiques pour le financement de projets industriels et technologiques à forte valeur ajoutée seront particulièrement bénéfiques pendant cette période tout comme l’aide aux entreprises en difficultés.

Il ne faudrait pas perdre de vue la nécessaire intégration des agents économiques informels dans le secteur formel à travers la mise en place de programmes d’accompagnement à la création de petites entreprises et la mise en place de mécanismes d’incitation à la participation aux caisses de retraite et de sécurité sociale, a-t-elle ajouté.

De surcroît, Mme Cherqaoui a souligné que la relance économique est tributaire de conditions de financement très favorables à l’investissement, estimant que les banques marocaines ont fait preuve cette année d’une grande souplesse dans leur grille tarifaire, en particulier pour ce qui est du financement des très petites entreprises et des porteurs de projets.

Le reste à faire est sans doute tout aussi important avec un effort nécessaire de réduction du coût des crédits qu’ils soient d’investissement ou de consommation, a-t-elle poursuivi.

Elle a d’autre part mis en avant la nécessaire augmentation de la liquidité du marché boursier marocain à travers l’ouverture du capital des entreprises déjà cotées et l’amélioration des conditions d’accès des autres entreprises (simplification des procédures, incitations fiscales, transparence, etc).

Mais bien avant, la relance économique passe d’abord par la levée de l’état d’urgence sanitaire et le déconfinement de la population à l’échelle nationale, a relevé Mme Cherqaoui, précisant que ces mesures, nécessaires à la reprise des activités économiques et donc à la production et à la consommation, permettront aux entreprises marocaines de préparer des stratégies d’adaptation de leurs business models aux nouvelles contraintes des marchés.

Il est aussi question de l’encadrement des entreprises marocaines par des organisations professionnelles performantes, à l’instar notamment des chambres de commerce et des confédérations professionnelles et interprofessionnelles.

Concernant les secteurs les plus touchés par la crise sanitaire, Mme Cherqaoui a relevé que si tous les secteurs de l’économie nationale sont affectés par la crise du Covid-19, il y a certes des différences de nature et de magnitude d’impacts.

« Au premier rang des secteurs qui vont être affectés négativement par cette crise, se trouvent les secteurs du tourisme, du transport aérien, routier et ferroviaire et de l’événementiel », a-t-elle indiqué, ajoutant que jusqu’à la mise en place d’un vaccin ou d’un traitement efficace contre le Covid-19, les activités liées à ces secteurs d’activités seront maintenues pour leur plus faible niveau, voire arrêtées.

Mme Cherqaoui a souligné à ce propos que d’autres secteurs seront également impactés par la crise mais à un niveau moins prononcé. Il s’agit de l’automobile, du commerce et des services de luxe connus pour être par nature fortement sensibles à un repli de la conjoncture économique.

Le repli de la croissance de l’Union européenne pèsera également de manière notable sur les entreprises exportatrices marocaines (près de 60% à destinations de l’Union européenne) à moins que ces dernières ne se redéploient vers de nouveaux marchés, a-t-elle ajouté.

Et de conclure l’impact sur le secteur financier marocain va également être sensible avec une Bourse de valeur qui aura du mal à jouer son rôle de financement de l’économie dans ses conditions d’incertitudes et des banques de plus en plus exposées au risque de crédit.

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