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NMD: Le secteur privé occupe une place de choix

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Par Safaa Bennour

Casablanca – Libérer l’initiative privée et encourager l’entrepreneuriat productif est l’une des principales recommandations de la Commission spéciale sur le modèle de développement (CSMD) qui prodigue une place de choix au secteur privé dans le Nouveau modèle de développement (NMD).

Dans son rapport sur le NMD, présenté récemment, la Commission érige le secteur privé en un véritable levier de transformation qui sera en mesure de contribuer efficacement à la réussite de la nouvelle trajectoire de développement, tant escomptée par le Royaume.

L’enjeu est de taille, le NMD parie, entre autres, sur le passage d’une économie « à faible valeur ajoutée et à basse productivité », à une économie « diversifiée et compétitive », portée par un tissu « dense » d’entreprises « innovantes et résilientes ».

Car la transformation productive, un des principaux objectifs escomptés par le nouveau rapport, passe notamment par le développement d’un secteur privé entrepreneurial, innovant mais aussi responsable et résilient.

NMD: Les engagements forts du patronat

Pour la réussite et le déploiement du rapport sur le NMD, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a exprimé clairement sa mobilisation « totale » et « permanente » dans la mise en œuvre de ce NMD et à intervenir activement dans le cadre d’une gouvernance participative ou de « delivery squads mixtes » pour accélérer l’exécution de ce modèle.

Lors du passage du président de la CSMD, Chakib Benmoussa devant le patronat pour présenter le rapport sur le NMD, la CGEM a affirmé aussi sa mobilisation pour doubler le produit intérieur brut (PIB) à travers une croissance annuelle moyenne de plus de 6% par an à l’horizon 2035, pour passer de 6.000 à 12.000 entreprises exportatrices et pour tripler le nombre de jeunes entreprises à croissance rapide dites « gazelles » de 1.000 à 3.000.

Son président Chakib Alj a également assuré que le patronat s’engage également à contribuer à la réduction de la part de l’emploi informel de 59% à 20% et passer de 1 dh/kWh à 0,5 dh/kWh pour le coût de l’énergie pour les industries énergivores.

Un secteur privé plus responsable et entreprenant

« Le secteur privé national et étranger a un rôle incontournable à jouer dans la création de valeur et d’emplois, et dans la responsabilité sociale et environnementale. Si le rôle de l’Etat investisseur est extrêmement important, particulièrement en phases de crise ou d’atonie nécessitant une réponse contracyclique, une intensification structurelle de la création de valeur ne sera pas possible sans un secteur privé fort, audacieux, entrepreneurial, ouvert à la prise de risques, et exploitant résolument les opportunités économiques nouvelles », lit-on dans le rapport général sur le NMD.

Selon la CSMD, le secteur privé doit être davantage responsable et entreprenant, participer à l’effort d’inclusion et de protection sociale, et investir dans une démarche gagnant-gagnant avec les territoires, en veillant à un juste partage de la valeur créée.

Dans une déclaration à la MAP, Omar Benaicha, Expert en RSE et développement durable, a indiqué que cette proposition de la commission prend en considération plusieurs pratiques déjà observées sur le plan national. « Encore timides certes » mais elles sont « salutaires » pour réaliser un véritable point d’inflexion dans notre processus de développement.

En effet, les entreprises ont un rôle clé à jouer, à travers leurs initiatives, leurs prises de risque, leurs innovations, pour construire une économie compétitive, inclusive, qui crée plus d’emploi et qui permet d’améliorer directement et indirectement la vie des populations dans les territoires, a expliqué M. Benaicha.

« Le modèle érige le secteur privé comme un partenaire clé dans le nouveau pacte national pour le développement directement, par la création de valeurs, les emplois et la RSE et indirectement, par la construction du tiers secteur dont le développement de l’économie sociale et solidaire est le principal corollaire », a relevé M. Benaicha.

« Plusieurs entreprises marocaines assument de façon volontaire leur rôle d’intervenir dans l’éducation, la santé, l’entreprenariat des jeunes et l’accès aux infrastructures et services de base », a-t-il fait remarquer.

A cet égard, le NMD, a-t-il insisté, devrait faire de ces exceptions une règle beaucoup plus large en mettant en œuvre un cadre institutionnel, une régulation, un environnement des affaires, des incitations et des partenariats qui libèrent les initiatives des entreprises et leur potentiel sociétal.

Libérer les initiatives privées mais aussi les sécuriser

Dans le rapport sur le NMD, il est expliqué que la sécurisation de l’initiative privée vise à garantir des règles stables et impartiales à tous les opérateurs économiques qui doivent trouver dans l’administration publique un partenaire de confiance.

Ainsi, la libération des énergies entrepreneuriales requiert une amélioration notable de l’environnement des affaires pour résorber les foyers de blocage, d’incertitude et de corruption, souligne la CSMD, proposant trois actions à cet égard pour instaurer une nouvelle relation de confiance.

Il s’agit d’éliminer de manière systémique les barrières administratives et réglementaires, d’assurer une concurrence saine et renforcer les régulateurs et de protéger les entreprises grâce à des mécanismes de recours efficaces.

Dans ce sens, M. Benaicha, a insisté sur l’importance d’inciter les entreprises à des pratiques loyales et à assurer leur responsabilité économique, sociale et environnementale, précisant que ces actions doivent également prévoir « un accompagnement accru des entreprises pour renforcer leurs capacités managériales, organisationnelles et technologiques ».

Elles doivent également permettre au secteur privé de s’impliquer dans le développement des compétences et la formation et enfin alléger la charge fiscale pesant sur les activités productives et concurrentielles, a-t-il estimé.

Aux côtés des acteurs publics et du tiers secteur, le secteur privé est appelé à jouer un rôle primordial dans le passage vers un nouveau palier de développement, à travers notamment une dynamisation forte de l’initiative et de l’investissement privés, dans des secteurs productifs et créateurs de valeurs durables.

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Youness AKRIM