À LA UNE Manager

LLD: Entretien avec le président de l’ANALOG, Younes Senhaji

BMCI Credit Habitat A
Campagne ONMT Ntla9aw f bladna

Propos recueillis par: Hicham Louraoui.

Casablanca – Le président de l’Association nationale des loueurs longue durée (ANALOG) et Directeur général délégué de Budget, filiale du groupe BMCE Bank, Younes Senhaji, a livré un entretien à la MAP sur l’évolution de la location longue durée (LLD) au Maroc et ses avantages pour les entreprises et les particuliers. En voici la teneur:

– Tout d’abord, quels sont les principes généraux de l’utilité de la LLD ?

Les principes de la LLD sont simples. Il s’agit pour une entreprise de ne payer que les coûts liés à l’utilisation de son véhicule (choix de la durée et du kilométrage). Elle s’acquitte en contrepartie d’un loyer prenant en compte le loyer financier et le loyer lié aux prestations. C’est un moyen de mobilité que nous mettons à la disposition des entreprises aux meilleurs services et coûts.

Les entreprises identifient leurs besoins en termes de mobilité et choisissent le type de véhicule, le modèle, la durée de la location et le kilométrage souhaité. A partir de ces éléments, nous nous chargeons de la confection des offres adaptées avec toutes les données qui peuvent rendre le contrat compétitif et ce, via l’ensemble des services possibles.

Ainsi, l’entreprise rentre dans le schéma d’une gestion saine de sa flotte à un coût moindre et un risque maîtrisé. Cette entreprise, qui opte pour la LLD, n’est plus sujette aux risques de la revente des véhicules, aux dégâts occasionnés et d’autres aléas (comme le vol) qui peuvent surgir lors de l’exploitation dudit véhicule.

– Pourquoi la LLD a réussi au Maroc ?

Le Maroc a réussi à mettre en place la LLD parce qu’il dispose actuellement d’un certain niveau d’expertise en termes de plusieurs métiers qui font partie de l’écosystème de ce service.

Il s’agit notamment des banques, avec des lignes de crédits spécifiques à ce type d’activité, et des assurances qui permettent d’assurer les flottes avec des contrats très intéressants et des produits et services à la hauteur.

Là je cite l’exemple de l’assurance. Un client qui fait un sinistre n’a qu’à appeler le prestataire. Le constateur arrive par la suite pour remplir le constat et la voiture rentre dans un garage pour la réparation. Sur ce volet d’assurance, il existe tout un processus qui est dans les normes.

D’ailleurs, nous disposons, au Maroc, de réseaux performants et internationaux de centres de visite technique et de concessionnaires de voiture. Tous ces éléments permettent d’avoir une bonne qualité du service LLD dans le Royaume qui est aujourd’hui au même niveau de qualité comparativement avec ce qui se passe en Europe ou aux Etats-Unis. Il n’y a rien qui manque en termes de facturation, service après-vente, montage financier, etc.

– Concrètement, quel est le poids du secteur de la LLD dans l’économie marocaine ?

En 2019, nous avons mené une première étude concernant le taux d’équipement des entreprises en LLD avec un cabinet privé marocain. Aujourd’hui le taux d’équipement des entreprises est de 25%.

Il reste encore un grand potentiel d’équipement, surtout dans les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME). C’est ça le grand défi de notre métier. Il faut pouvoir cibler cette catégorie d’entreprises pour leur montrer, d’une manière pertinente, l’utilité de ce type de produit.

Côté chiffres, nous estimons actuellement que le marché est à peu près de 45.000 véhicules LLD. Sur les 170.000 véhicules particuliers vendus annuellement, la LLD capte 10.000 unités/an en termes d’achat.

C’est un marché assez conséquent et pratiquement les sociétés de LLD figurent pour la plupart dans les 500 plus grandes entreprises au Maroc.

– La LLD est un service qui séduit aussi le secteur public. Quel est votre commentaire ?

La LLD a démarré dans les années 80 et 90 au Maroc. C’était d’abord les entreprises multinationales qui étaient pionnières dans la LLD.

Au cours des années 2000, avec l’arrivée de loueurs internationaux, le marché a pu évoluer pour voir l’arrivée des appels d’offres publics (OCP, ONEE, Barid Al Maghrib). Et ces entreprises qui ont commencé à avoir des packs en location de longue durée. Pratiquement, tous les offices et les entreprises publiques sont en location de longue durée. Dans le parc global, ils représentent près de 25%.

En termes de législation, nous collaborons parfaitement avec les pouvoirs publics. Ils ont été très disponibles et nous avons pu mettre en place un certain nombre de facilités, particulièrement sur le plan administratif.

Aujourd’hui, l’ANALOG, qui représente environ 90% du marché (neuf loueurs), a réussi à avoir des facilités par rapport aux aspects administratifs. Sur ce volet, nous n’avons pas d’obstacles majeurs et nous essayons de trouver, à chaque fois, des solutions qui profitent à nos clients afin qu’ils ne soient pas dérangés lors de l’exploitation du véhicule.

Pour ce qui est des entreprises privées, il reste aujourd’hui un travail commercial classique d’aller présenter le produit et de les convaincre de l’utilité de la LLD. Malgré le contexte actuel de la crise sanitaire, ce travail se passe très bien et dans les meilleures conditions.

Les entreprises continuent à s’intéresser davantage à la LLD et à commander des véhicules. Le produit répond vraiment à leurs besoins.

Outre le produit lui-même, il y a d’autres aspects complémentaires à la LLD. Il s’agit entre autres du réajustement des contrats. Aujourd’hui, la LLD permet au client, en cas de difficulté, le droit de rendre le véhicule moyennant une indemnité. C’est très flexible !

Si par exemple un client prend un véhicule et voit après que le kilométrage ne correspond pas à ce qu’il a prévu initialement, il peut réviser le contrat à la hausse ou à la baisse. La LLD permet ce type de changement de contrat en cours de route.

– Comment l’ANALOG accompagne les opérateurs de ce secteur ?

L’association a été créée pour pouvoir avoir une tribune en vue de représenter le métier, de l’expliquer aux pouvoirs publics et de travailler sur l’aspect administratif afin de faciliter la tâche aux entreprises et de leur garantir les meilleures conditions.

Les pouvoirs publics cherchent toujours à avoir un interlocuteur fiable, capable de relever des défis à long terme. C’est ce que nous faisons et ça se passe très bien avec l’ensemble des partenaires et notre ministère de tutelle (ministère de l’équipement).

Nous sommes également membre de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et en contact avec l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) pour travailler sur plusieurs aspects administratifs.

L’ANALOG joue ainsi un rôle important pour permettre de mettre des passerelles entre les parties prenantes.

Voir aussi:

La Bourse de Casablanca clôture en territoire positif

Karima EL OTMANI

PLF2021/Chambre des Conseillers: Principaux amendements acceptés

Hicham Louraoui

Santé: Huawei s’engage à promouvoir les solutions d’avenir

Samia BOUFOUS