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Maroc-Afrique: Un potentiel économique prometteur

Par Salma El Badaoui

Casablanca – Si les relations du Maroc avec les pays de l’Afrique se sont développées à un rythme soutenu durant les deux décennies écoulées, l’essor est tout autant appréciable pour les échanges commerciaux qui ont bénéficié d’une tendance favorable à la croissance économique dans la plupart des pays partenaires.

D’ailleurs, la valeur globale de ces échanges a progressé, durant la période 2000-2019, de 9,5%, en moyenne annuelle, pour s’établir à près de 39,6 milliards de dirhams (MMDH) en 2019, d’après un « Policy Africa » sur les profils des économies africaines, publié récemment par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du ministère de l’Économie, des finances et de la réforme de l’administration.

Ces échanges représentent environ 6,9% de la valeur totale des échanges extérieurs du Maroc, mais quelles sont alors les perspectives de ces échanges pour les années à venir et quels sont les avantages que l’économie nationale pourrait tirer des investissements directs étrangers (IDE) marocains en Afrique ?

Pour les pays du continent africain, le Royaume est perçu comme étant « un grand frère sur lequel ils peuvent compter », un pays qui aspire à poursuivre ses efforts pour « consolider la coopération dans un cadre de respect mutuel », a indiqué, dans une déclaration à la MAP, l’expert international Amine Laghidi, président de l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX) Centre Région Rabat et vice-président du Congrès africain des mines et énergies.

En plus d’être un hub, le Maroc est un pont inter-civilisation, inter-culture, mais aussi une locomotive de l’Afrique, a-t-il relevé, soulignant que cet acquis est fondamental et que la brand « made in Morocco » devrait en profiter davantage.

Et de soutenir: « La relation Maroc-Afrique constitue une opportunité énorme pour les marques marocaines, mais permettrait aussi la création d’une joint-venture pour les brands africaines ».

L’objectif est d’homogénéiser ce marché en termes d’échanges commerciaux et financiers, mais aussi sur le volet infrastructure, a expliqué l’expert, notant qu’il est question de changer l’approche classique et de travailler main dans la main dans le cadre de partenariats créateurs d’emplois au Maroc et dans les pays africains partenaires.

Un autre volet aussi important, a poursuivi M. Laghidi, est celui des grands projets structurants inter-africains qui servent de « pilier et d’imaginaire collectif » et dont la réalisation renforce non seulement la structure, mais aussi « la confiance de l’Afrique en elle-même », ajoutant que la création de valeur est basée sur une logique d’adaptation du produit au besoin de chaque pays tout en évitant de penser à « une logique d’industrie de masse et de standardisation ».

« Il s’agit d’adapter le produit au besoin du continent africain, de profiter de la présence marocaine et des investissements du Royaume dans ce continent pour comprendre les besoins de ces populations et leurs aspirations futures », a-t-il précisé.

De l’avis de Abdelouahed El Jai, économiste et ancien directeur à la Banque centrale, les relations économiques entre le Maroc et le continent africain se caractérisent surtout par « une forte progression » des investissements réalisés par les entreprises marocaines dans une diversité de pays africains appartenant à différentes régions et ensembles régionaux.

L’Afrique de l’Ouest est la plus privilégiée, mais, de plus en plus, l’extension s’effectue vers les régions du centre et de l’Est, a-t-il fait remarquer.

Dans cette politique d’expansion vers l’Afrique, le Maroc s’est appuyé sur l’action diplomatique, voire politique, ainsi que sur les atouts et les avantages dont il dispose dans certains secteurs et métiers, tels que la banque et l’assurance, les télécommunications, le transport aérien, les phosphates et ses dérivés, le bâtiment et travaux publics (BTP), a précisé l’économiste.

Le Maroc, a-t-il souligné, se montre aussi disposé à jouer un rôle de hub et de relais entre les autres continents et l’Afrique subsaharienne, comptant sur ses liens avec un certain nombre d’investisseurs étrangers européens, arabes et même asiatiques.

Les relations Maroc-Afrique se sont construites sur une base solide qui associe le commerce aux IDE, ainsi que sur une entente cordiale et apaisée sur les plans politique, culturel, sécuritaire, a relevé M. El Jai, mettant en exergue les mouvements migratoires et la coopération en matière de formation et d’assistance technique offertes par le Maroc à ses partenaires traditionnels.

La solidité de ces relations fait que la conjoncture actuelle marquée par la crise sanitaire « sera facilement dépassée », une fois que la relance économique aura produit ses effets en termes de reprise de l’activité, des échanges et des investissements, a-t-il estimé.

Et de noter que le rythme à imprimer à la relance dépendra certes de l’évolution de la pandémie, mais il est aussi certain que les relations du Maroc avec les pays africains seront relativement moins impactées que celles qu’ils entretiennent avec les autres partenaires.

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