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Maroc/Europe: Focus sur l’investissement durable

L’investissement durable européen au Maroc a été au centre d’une table ronde tenue vendredi à Casablanca, à l’initiative du Researh Institute for European, Mediterannean and African Studies (RIEMAS) de l’Université Euromed de Fès en partenariat avec la délégation de l’Union Européenne (UE) au Maroc et Eurocham Maroc.

Intervenant à cette occasion, le responsable de la section commerciale de la délégation de l’UE au Maroc, Jan Vandenberghe, s’est arrêté sur le potentiel de l’investissement durable européen au Maroc et des moyens institutionnels qu’il faudra mettre en place pour améliorer les conditions de réalisation de cet investissement.

Ainsi, il a souligné que l’UE est le plus grand investisseur étranger au Maroc et que les liens commerciaux entre le Maroc et l’UE sont très forts et solides, mais qu’il existe encore un “grand potentiel” pour faire plus. “Nos entreprises et nos investisseurs européens reconnaissent le potentiel du Maroc mais une modernisation de nos cadres juridiques et commerciaux pourraient aider à libérer ce potentiel”.

Il y a un potentiel de travailler ensemble pour moderniser la zone de libre échange et les chaines de valeur, a expliqué M. Vandenberghe, notant que les moyens d’atteindre une transition verte sont disponibles.

Pour sa part, le président de la Chambre espagnole de Commerce, d’Industrie et de Navigation de Casablanca, Juan Garcia Muñoz, a indiqué que la transition énergétique vers les énergies renouvelables est un pilier de la sécurité énergétique et que pour réussir la transition énergétique, l’effort publique devrait être accompagné de l’investissement du secteur privé

M. Muñoz a relevé que le Maroc a déjà fourni des efforts pour le développement des énergies vertes notamment les parcs éoliens installés dans le nord et le sud du pays, ajoutant que l’investissement durable est un défi de taille qui se présent à l’économie marocaine en vue de faire partie des partenaires privilégiés de l’UE.

De son côté, le directeur commercial à EDF renouvelables, Amine Bouchama, a souligné qu’avoir une vision avec des objectifs fixés pour les années à venir, permettrait à l’investisseur et à l’écosystème qui viendra s’installer de se projeter dans le pays.

Il a également relevé que l’hydrogène constitue un vecteur clé de transition énergétique et une opportunité pour le Maroc, et que l’Europe a compris, dans le contexte actuel de crise Russo-Ukrainienne, l’importance de l’indépendance énergétique.

L’enseignante chercheuse à l’université Euromed de Fès, Hafsa El Bekri, a, quant à elle, présenté les résultats d’une étude qu’elle a conduite, portant sur les Investissements Directs Étrangers (IDE) européens au Maroc qui s’est intéressée à la perception du cadre d’investissement dans le Royaume par les entreprises européennes.

“Le Maroc pourrait s’ériger en plateforme continentale pouvant offrir des opportunités pour les nouveaux investisseurs de portefeuille européen. En plus, à travers le ‘made in Morocco’, le Maroc veut se positionner comme une destination attractive notamment pour les entreprises européennes”, a-t-elle dit.

D’un point de vue quantitatif, elle a fait état d’une dynamique évolutive de l’investissement européen au Maroc, notant que le stock en 2019 a été évalué à 75,3% du total des IDE au Maroc en terme de recettes d’investissement, et représente 56,2% de l’IDE global au Maroc

Tenue sous le thème “l’investissement durable européen au Maroc: Enjeux et perspectives”, cette table ronde s’inscrit dans le cadre d’un cycle de table rondes organisés avec les différentes institutions européennes sur des différents thèmes, notamment les relations entre le Maroc et l’UE ainsi que le développement socio-économique au Maroc en lien avec l’UE.

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