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Nadia Babrahim, Businesswoman qui prend des risques

Par Omar Er-rouch

Pleine de punch, Nadia Babrahim est une entrepreneuse dans l’âme qui n’hésite pas à oser et à prendre des initiatives pour booster l’économie régionale. Après une carrière couronnée de succès au sein de l’entreprise familiale, cette Marrakchie s’est lancée depuis quelques années dans une nouvelle aventure : l’héliciculture.

Un Master en Gestion des Entreprises en poche, Mme Babrahim a tout d’abord fait ses armes dans l’éclairage public au sein de l’entreprise familiale où, elle a dans un premier temps, évolué au sein des différents services, avant de prendre la direction de l’entreprise.

Tout en restant attachée au berceau familial, la jeune femme d’affaires n’a pas lésiné sur les moyens pour explorer de nouveaux horizons, en procédant à la création d’un Centre d’affaire avec des associés, avant d’intégrer le secteur bancaire. « Malgré l’expérience que j’ai acquise à travers ces différentes activités, je n’ai pas trouvé les perspectives d’épanouissement personnel que je désirais », a confié à la MAP, Mme Babrahim.

Sa quête d’accomplissement de soi et d’épanouissement s’est poursuivi jusqu’à 2011, date à laquelle elle a découvert la filière hélicicole. « L’héliciculture s’est imposée comme une opportunité formidable de me réaliser », s’est-elle rappelée, les yeux rivés sur le Haut-Atlas depuis la fenêtre de son bureau au sein de la Fédération Interprofessionnelle Marocaine de l’Héliciculture (FIMH), dont elle est présidente depuis 2015 et qui a pour mission d’assurer la structuration de cette filière prometteuse.

Après des recherches sur ce secteur d’activité jusque-là « inconnu » au Maroc, la femme d’affaires s’est rendue en Europe entre 2012 et 2013, afin de mener des études qui lui ont permises de découvrir, selon Mme Babrahim, « un monde exceptionnel plein de secrets, mais aussi de possibilités et opportunités de développement ».

« Le Maroc est parmi les premiers exportateurs vers l’Europe, d’escargots de récolte dans la nature, mais le secteur de l’élevage et de la valorisation demeure mal connu », a expliqué la patronne de la FIMH, faisant savoir que « les conditions climatiques et les chiffres sur la rentabilité laissent, toutefois, prévoir des perspectives d’affaires très intéressantes ».

En fait, la production d’escargots au Maroc oscille entre 10.000 et 15.000 tonnes par an, dont 80 à 85% sont exportées, a rappelé la femme d’affaires, faisant remarquer que grâce au climat particulièrement propice au développement de l’héliciculture, le cycle complet pour aboutir à des escargots à maturité pour la commercialisation est de 3 à 4 mois, avec deux productions par an, alors qu’il est de 6 mois avec une seule production par an dans les autres pays comme la France.

Dans ce cadre, il est prévu la mise en place de 10.000 unités d’élevage sur une surface d’élevage de 1000 hectares, ce qui permettra une production de 40.000 tonnes d’escargots par an, pour un investissement total de 1 milliard DH, et un chiffre d’affaires annuel de 1,6 MMDH, a tenu à préciser Mme Babrahim.

Partant du constat que la production de 40 tonnes d’escargot requiert 10 ouvriers agricoles et 40 ouvriers intérimaires, la création d’emplois devrait s’élever à 10.000 postes permanents et 40.000 intérimaires, entre 2017 et 2021, a-t-elle estimé.

« Outre ses bienfaits économiques et sa contribution au développement durable qui est primordial pour nos sociétés contemporaines, l’héliciculture offre des possibilités d’emplois nouveaux, contribuant ainsi au développement social à l’échelle nationale », a relevé Mme Babrahim, soulignant que « c’est l’ensemble de ces éléments qui me motivent plus que jamais à m’investir dans l’héliciculture au sens large ».

Déterminée, la jeune entrepreneuse ne laisse aucune pierre non tournée, en mettant les petits plats dans les grands, via l’organisation de réunions de sensibilisation dans toutes les régions du Royaume, ainsi que des journées autour de l’héliciculture, outre la conclusion d’accords de partenariat avec des intervenants nationaux et internationaux.

Dans ce sens, un projet de contrat programme de développement de la filière hélicicole est en cours de finalisation, en étroite collaboration avec les responsables du ministère de l’Agriculture et la Confédération Marocaine de l’Agriculture et du Développement Rural (COMADER), pour intégrer la filière dans la Stratégie « Génération Green 2020-2030 » et créer le cadre institutionnel pour le développement de la filière hélicicole, a-t-elle souligné.

Convaincue que le chemin de mille lieues commence toujours par un premier pas, Mme Babrahim n’a jamais envisagé de jeter l’éponge malgré les difficultés inhérentes au démarrage de toute activité. « Ce n’est jamais facile au début et c’est ce qui fait la beauté de cette aventure », a-t-elle dit, le sourire tracé sur le visage.

Après la Fédération Interprofessionnelle Marocaine de l’Héliciculture (FIMH), elle a posé les premières pierres de l’Académie Internationale de l’Héliciculture à Marrakech.

« Ma vision, aujourd’hui, est de développer un réseau national d’expertises à partir de l’Académie Internationale de l’Héliciculture, qui offre les services d’accompagnement, de formation, de conseil et d’ingénierie », a-t-elle expliqué.

Dans ce sens, elle a souligné que le réseau de l’AIHM est appelée à jouer le rôle d’une plateforme charnière entre l’Europe et l’Afrique. « D’ailleurs, nous développons déjà des formations à distance pour nos partenaires africains, a-t-elle poursuivi. L’ambition est de faire du Maroc un pôle d’expertise hélicicole au niveau international », a conclu la jeune entrepreneuse, qui aspire vivre jusqu’au bout, une aventure mêlant passion et challenge personnel.

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