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NMD: Quelle place pour le secteur privé ?

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Campagne ONMT Ntla9aw f bladna

Casablanca – Le nouveau modèle de développement (NMD) prône, entres autres, le développement d’un secteur privé entrepreneurial, innovant et responsable.

Dans ce sillage, une kyrielle de recommandations et propositions ont été émises avec pour but de bâtir un environnement économique favorable à la libération de l’initiative privée et des politiques publiques stimulant l’entrepreneuriat productif.

Dans une déclaration à la MAP, l’expert en RSE et développement durable, Omar Benaicha, apporte un éclairage sur la place accordée au secteur privé dans ce nouveau modèle et analyse comment la RSE, tel que mise en évidence par le nouveau rapport, appuiera les entreprises à marquer une nouvelle ère économique plus inclusive et responsable.

La nouvelle vision qu’accorde le rapport sur le NMD au secteur privé

Le rôle du secteur privé est au cœur du NMD. Le modèle érige le secteur privé comme un partenaire clé dans le nouveau pacte national pour le développement directement, par la création de valeurs, les emplois et la RSE et indirectement, par la construction du tiers secteur dont le développement de l’économie sociale et solidaire est le principal corollaire.

Le NMD, pour réussir, a besoin d’un secteur privé entrepreneurial et innovant, capable de prendre des risques, d’explorer de nouvelles opportunités, de se lancer à la conquête de nouveaux secteurs et marchés et d’affronter la concurrence internationale.

Or l’économie nationale souffre d’un déficit entrepreneurial dans les activités productives et innovantes, qui est le produit d’une culture managériale peu propice à la prise de risque et d’un environnement des affaires peu favorable.

Le secteur privé ne trouve pas toujours dans l’administration publique un partenaire de confiance qui assure une concurrence saine et une régulation renforcée permettant un fonctionnement sain et concurrentiel des marchés, qui est primordial pour dynamiser l’initiative privée. Autre chose, l’essor du secteur privé est freiné par l’efficacité de la justice dont la réforme est cruciale.

L’un des enjeux majeurs du nouveau modèle est donc de construire un environnement économique incitant à des comportements plus vertueux à travers la libération de l’initiative privée et des politiques publiques favorables à l’entrepreneuriat productif. Ces politiques, tout en incitant les entreprises à des pratiques loyales et à assurer leur responsabilité économique, sociale et environnementale, doivent également prévoir un accompagnement accru des entreprises pour renforcer leurs capacités managériales, organisationnelles et technologiques.

Elles doivent permettre au secteur privé de s’impliquer dans le développement des compétences et la formation et enfin alléger la charge fiscale pesant sur les activités productives et concurrentielles.

Le secteur privé national et étranger a un rôle incontournable à jouer dans la création de valeur et d’emplois, et dans la responsabilité sociale et environnementale

La proposition de la commission prend en considération plusieurs pratiques déjà observées sur le plan national. Encore timides certes mais elles sont salutaires pour réaliser un véritable point d’inflexion dans notre processus de développement.

En effet, les entreprises ont un rôle clé à jouer, à travers leurs initiatives, leur prise de risques, leurs innovations, pour construire une économie compétitive, inclusive, qui crée plus d’emploi et qui permet d’améliorer directement et indirectement la vie des populations dans les territoires.

Le rôle de l’entreprise dans la société est reconnu scientifiquement depuis plus de deux décennies dans les théories de la RSE. Les entreprises doivent assumer ce rôle politique qui leur incombe, dans le sens où, dans une approche gagnant gagnant avec l’Etat, elles peuvent véritablement créer de nouvelles dynamiques territoriales autour de leurs obligations sociales et environnementales et autour également de diverses opportunités offertes par les enjeux du développement durable.

Plusieurs entreprises marocaines assument de façon volontaire ce rôle et interviennent dans l’éducation, la santé, l’entreprenariat des jeunes et l’accès aux infrastructures et services de base. Le NMD devrait faire de ces exceptions une règle beaucoup plus large en mettant en œuvre un cadre institutionnel, une régulation, un environnement des affaires, des incitations et des partenariats qui libèrent les initiatives des entreprises et leur potentiel sociétal.

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