À LA UNE

Post-coronavirus: les traiteurs guettent une lueur d’espoir

Par Youness Akrim

Casablanca- Le métier de traiteur paie un lourd tribut à la pandémie du nouveau coronavirus (covid-19) à l’instar des autres métiers de bouche. A l’approche du déconfinement, les professionnels, guettant une lueur d’espoir, se préparent d’ores et déjà à reprendre leur activité pour essayer d’effacer des pertes colossales.

Entre pertes financières conséquentes et manque cruel de visibilité, cette profession, mise à rude épreuve depuis le déclenchement de la crise sanitaire, peine à entrevoir le bout du tunnel, d’autant plus que les gestes barrières et la distanciation sociale deviennent des devises universelles.

La Confédération marocaine des métiers de bouche (CMMB) n’a pas attendu longtemps pour tirer la sonnette d’alarme sur les incidences ressenties par ses membres à plusieurs niveaux (business, social et fiscal), rappelant que les traiteurs ont observé « un état de no man’s land événementiel » et ce, depuis l’apparition du premier cas covid-19 au Maroc.

« A l’instar des autres secteurs économiques, l’activité +traiteur+ et, d’une manière générale, l’ensemble des +métiers de bouche+ ont été fortement impactés par la pandémie », déplore, dans une déclaration à la MAP, Mohammed Rahal Essoulami, président de la CMMB et de la Fédération Marocaine des Traiteurs (FMT).

« Les mesures de prévention prises par les autorités publiques, quoiqu’elles ont été nécessaires pour endiguer la propagation de ce virus, ont provoqué un arrêt total de l’activité et par conséquent de lourdes pertes en termes de chiffre d’affaires et de revenu », a-t-il fait valoir.

Un arrêt qui nécessite un combat de longue halène afin de pouvoir éviter le basculement dans une précarité, laquelle serait fatale pour le secteur dont dépend des milliers d’emplois directs et indirects.

« La situation est aujourd’hui telle que bon nombre de confrères sont dans l’obligation de céder une partie de leurs équipements pour pouvoir faire face à certaines de leurs obligations », a-t-il regretté.

Et de poursuivre: « Il est fort à craindre que cet état ne s’améliore pas avec l’arrivée de l’été sachant que les mesures de prévention et les gestes barrières devront naturellement être reconduits et observés pour longtemps ».

M. Rahal a parallèlement estimé que l’ouverture des cafés, glaciers, restaurants et franchises pour l’emporter est légitime et ce, dans le strict respect des règles d’hygiène et des mesures de protection tout au long du processus de production et de distribution et ce, dans l’objectif de préserver la qualité professionnelle du service offert au consommateur.

Le port de tenues professionnelles hygiéniques, de masques, de gants aux mains et chaussants, l’utilisation de signalétiques indicatives au sol et aux murs pour passage, arrêt, distanciation, interdiction d’accès, tant pour le personnel que pour le client et le nettoyage régulier des locaux, des cuisines, des ustensiles de cuisson, de préparation et de service sont, entre autres, les principales mesures à respecter par ces établissements.

Il s’agit également du lavage des mains, du respect des mesures barrière et sanitaires de la part du personnel, du changement de masques toutes les quatre heures, de la distanciation obligatoire d’un mètre chacun entre les employés, de la mise à disposition des clients de solutions hydro-alcoolique et désinfectants à l’entrée des locaux.

Cependant, a relevé M. Rahal, « le retour d’activité des entreprises du secteur ne sera pas aisé au niveau des employés », ajoutant qu’il faut s’attendre à un accompagnement et coaching soutenu après la sortie du confinement au regard des séquelles psychologiques de cet arrêt.

En dépit de cette difficile conjoncture, les professionnels de ce secteur plombé par le covid-19 gardent plein espoir pour l’avenir et font part de leur détermination pour réussir la relance de leur activité.

Voir aussi:

Bourse de Casablanca: performance hebdomadaire en vert

Performance hebdomadaire: la BVC en nette baisse

Khalid ABOUCHOUKRI

Hausse du taux de chômage à 10,5% au T1-2020

Mohammed HAMIDDOUCHE