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Psychologie du travail, genèse du bien-être des salariés

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Par: Samia BOUFOUS

Dans un contexte, où de plus en plus d’entreprises se rendent compte de l’importance de l’épanouissement de leurs collaborateurs dans l’amélioration de leur efficacité collective, la psychologie du travail devient, plus que jamais, une discipline indispensable de la vie des organisations.

La psychologie du travail, cette spécialité qui traite des différentes conduites humaines dans le contexte des activités professionnelles, s’intéresse en particulier aux relations des salariés avec leur environnement social et technique et intervient pour que ces relations qui peuvent être perturbées (accidents du travail, absentéisme, souffrance physique et psychique…) se modifient, s’améliorent ou soient redéfinies par les acteurs concernés.

Au Maroc, de plus en plus d’organisations publiques et privées font appel à ce métier, devenu nécessaire plus que jamais dans un système économique et social en ébullition.

Conscientes aujourd’hui du rôle crucial du capital humain dans le développement des structures professionnelles, nombreuses sont les entreprises qui se sont rendues compte de l’importance de cette discipline, dont l’apport à l’évolution de ces mêmes structures et au bien-être des hommes qui y travaillent est “indéniablement appréciable”, a indiqué dans une déclaration à la MAP, Ghita Msefer, psychologue du travail et fondatrice du Centre internationale de la psychologie du travail.

Dans ce sens, Mme Msefer a relevé que cette spécialité permet dans un premier temps à chaque employé “d’être dans sa peau” de façon à ce qu’il puisse “apporter des ripostes appropriées et adéquates” lors de contextes de stress, de tensions, de management mal compris ou de conflits entre collègues et permet ensuite, sur le plan organisationnel, une amélioration des conditions de travail et du climat social, et donc “une meilleure prévention des risques psycho-sociaux”.

“Au départ, les psychologues de travail, étaient plus sollicités en matière d’accompagnement dans le processus de recrutement ainsi que l’animation des séminaires et de formations sur le développement personnel, l’intelligence émotionnelle ou encore la gestion du stress, alors que durant les dernières années, ils sont de plus en plus sollicités dans la mise en place de cellules d’écoute et d’accompagnement psychologique dans les entreprises”, a-t-elle fait remarquer.

Ces mêmes cellules, a-t-elle poursuivi, permettent d’offrir un soutien psychologique dans des moments difficiles et d’orienter et accompagner les salariés en détresse, vers des solutions appropriées à leur situation ainsi qu’à leur propre ressources internes.

Elle a, à cet égard, indiqué qu’à l’ère de cette crise dévastatrice de Covid-19, où “le top management est soucieux plus que jamais de l’état psychologique de ses collaborateurs”, les cellules d’écoute implémentées ont permis à ces derniers, d’échanger autour des troubles psychosociaux liés à l’isolement, de sentiments d’angoisse de contamination entre collègues, de difficultés pour maintenir un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, ou encore de la complexité du management à distance, pour ceux en télétravail.

Elle a, en outre, fait observer que cette crise, qui “met à rude épreuve les nerfs des salariés”, est l’occasion pour tout employeur de “démontrer qu’il déploie les efforts nécessaires afin d’accorder des conditions saines et ergonomiquement convenables” au sein de son activité professionnelle.

Abordant l’épuisement professionnel, communément appelé le “burn-out”, Mme Msefer n’a pas manqué de souligner que cette pathologie des temps modernes atteint énormément de salariés, faisant remarquer que “les plus brillants et performants sont plus enclins à en souffrir”.

Nonobstant, Mme Msefer a relevé que la thérapie intégrale couplée au coaching ont permis à grand nombre d’employés de contrer l’envolée du burn-out et de se réintégrer professionnellement sans le moindre souci.

Elle a, par ailleurs, mis en exergue l’impératif pour le psychologue du travail d’être autonome et indépendant, et non salarié de la structure, en vue de maintenir la confiance des personnes qui font appel à son expertise au sein de l’entreprise, pour qu’ils puissent discuter de leurs problèmes en toute aisance et décontraction.

Force est de constater que la psychologie du travail est avant tout une mise en conscience de la complexité du travail et de ses différentes impasses, mais c’est aussi un véritable outil permettant de concilier le besoin de rentabilité de la structure avec le besoin d’épanouissement de ses collaborateurs.

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