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Laila El Andaloussi, la professionnelle du chiffre habile à l’allure raffinée

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Par Maria Mouatadid.

Loin de l’image un peu “geek” et “dingo” du calcul, l’experte comptable et commissaire aux comptes dévouée, Laila El Andaloussi, incarne avec enthousiasme, énergie et bienveillance le métier des professionnels des chiffres, qui apparemment vont bon train, avec son allure somptueuse et raffinée.

Dégageant un dynamisme ambiant, Mme El Andaloussi, également fondatrice du cabinet de conseil ABS, est reconnue parmi ses pairs pour son savoir-faire et son engagement professionnel inédits. Cette passionnée des chiffres a un parcours parfait que tout père rêve pour sa fille.

Après un baccalauréat au lycée Lyautey, Mme El Andaloussi a intégré l’université marocaine pour préparer une licence en économie et gestion d’entreprises, qui s’étalait à l’époque sur 4 années. Elle a continué dans la voie universitaire en s’inscrivant en France à Toulouse au diplôme d’études approfondies en sciences de gestion avec l’ambition de préparer un doctorat.

“Après le diplôme d’études approfondies (DEA), j’ai bifurqué vers l’expertise comptable, un vieux rêve que j’avais nourri bien avant, mais pour lequel je n’avais pas été encouragée par ma famille, car il était à l’époque perçu comme un métier masculin”, a-t-elle confié à la MAP dans un entretien à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la Femme.

Déterminée, elle s’est réorientée vers la filière d’expertise française pour reprendre dès le début des études d’expertise, dont elle a préparé ses premiers certificats dans la capitale parisienne. “Entre temps au Maroc, la formation au diplôme national d’expert-comptable avait été lancée à l’Institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises (ISCAE). Je n’ai pas hésité à la poursuivre aussi. J’y ai obtenu les 3 certificats requis et après la soutenance d’un mémoire, je fus la 5ème femme diplômée au Maroc”, a-t-elle relevé.

“J’ai eu la chance et le privilège de faire mon stage réglementaire de 3 ans dans un ‘big six’ de l’époque, un des premiers fleurons mondiaux de l’audit. C’était beaucoup d’endurance, car c’est un métier de rigueur et d’apprentissage à tous les niveaux, technique, humain, personnel”, a poursuivi Mme El Andaloussi.

Et d’ajouter: “Je suis encore reconnaissante à ce jour de l’encadrement que j’y ai reçu et de la formation acquise dans un métier aussi important que l’audit”.

Après une forte expérience professionnelle et un diplôme d’expert-comptable en 2000, Mme El Andaloussi a entamé le challenge périlleux mais combien “excitant”, selon elle, de créer son propre cabinet conseil.

“Chaque jour je découvre encore le métier, malgré toutes ces années, en raison de ses innombrables facettes et de ses domaines tellement riches”, a-t-elle lancé. “Mon parcours a été aussi jalonné par une forte implication dans le monde associatif professionnel à qui je me suis vouée avec conviction et envie de contribuer au rayonnement d’une profession combien utile et d’intérêt publique”.

Et de soutenir: “Ce qui m’a amené, en 2014, à me présenter aux élections ordinales ou je fus élue Secrétaire Générale du Conseil Régional de Casablanca et des Régions du Sud. Cela ne s’est pas arrêté là, mon engagement s’est accru en 2017 avec mon élection au Conseil National de l’Ordre, puis en 2020, je fus de nouveau élue à l’Ordre National, grâce à la confiance de mes pairs, en tant que deuxième Vice-Présidente”.

Parallèlement, ayant été depuis 2005 militante pour la cause de la femme entrepreneur, et active dans une association de référence à Casablanca, en novembre 2018, elle a fondé avec un collectif de femmes dirigeantes le réseau International des Femmes Dirigeantes “Wimen”.

L’expertise comptable, de plus en plus féminisée

Depuis un bon moment déjà, la profession de l’expertise comptable attire de plus en plus les femmes. La place de la gent féminine dans les cabinets d’expertise comptable devient plus intéressante.

“A date d’aujourd’hui, les femmes experts comptables inscrites à notre ordre sont au nombre de 105 pour une population de 720 experts comptables. Nous représentons 14,6% de la profession au Maroc”, a relevé l’experte comptable.

En France, par exemple à fin 2021, 13% des effectifs de plus de 60 ans sont des femmes et représentent 34% pour les moins de 40 ans, a-t-elle précisé.

Au Maroc, même si la parité dans la profession est encore lointaine, l’évolution est positive et le métier devient attractif à la gent féminine, car c’est d’abord une profession libérale par excellence qui offre beaucoup de souplesse en termes d’organisation du travail, a fait savoir Mme El Andaloussi.

Même s’il reste très technique, le métier n’apparaît plus comme rigide, énergivore, inaccessible aux femmes comme il l’était au préalable, a-t-elle noté. “On y met plus l’accent sur le conseil, la communication, l’écoute. Sa multidisciplinarité et son enrichissement intellectuel en font aussi pour les femmes, une source d’épanouissement et de réalisation supplémentaire”.

Dans le contexte actuel, dans ce métier on est mis de plus en plus en prise avec des bureaux virtuels et le télétravail, a souligné Mme El Andaloussi, relevant que ceci renforce la capacité d’adaptation et constitue un argument supplémentaire d’attractivité du métier pour les femmes.

La culture interne des cabinets au Maroc, a-t-elle expliqué, change aussi, notant que ces derniers accueillent, reconnaissent et valorisent de plus en plus les femmes experts comptables.

Par ailleurs, Mme El Andaloussi est consciente que ses responsabilités professionnelles et personnelles requièrent de multiplier les efforts pour devenir un exemple pour son entourage mais aussi pour la société.

D’après elle, “la conciliation est parfaitement possible et même nécessaire pour atteindre un équilibre de bien-être et trouver sens à ce qu’on fait. Et lorsque l’exercice est libéral, comme celui de l’expertise comptable, il offre encore plus la possibilité d’assurer ce compromis crucial”.

Pour cela, il est important de bien en prendre conscience et cela pour n’importe quelle activité professionnelle, que ce soit pour l’homme que pour la femme, a préconisé Mme El Andaloussi, estimant qu’il est fondamental de garder du temps libre pour sa famille, ses loisirs et ses hobbies. “C’est ce qui ressource réellement et permet le véritable épanouissement”, a-t-elle affirmé.

Parallèlement, Mme El Andaloussi a fait observer que la société aborde généralement la problématique de l’équilibre, que pour la femme, car culturellement c’est à elle qu’incombe le poids de certaines responsabilités comme l’éducation des enfants et l’organisation de la maison.

“Je pense qu’il est temps que ça change, et l’exercice professionnel finira par induire des changements positifs notamment, des relations plus équilibrées en famille et de nouvelles valeurs à transmettre aux enfants. Et il revient à la femme d’abord de faire un travail sur elle-même, pour lâcher prise, sans culpabilité et d’accepter de donner aussi un envol a sa carrière professionnelle”, a-t-elle conclu.

Un incontestable exemple de femme dans un milieu typiquement masculin à suivre, qui a su concilier une immense persévérance et un professionnalisme soutenu.

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