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Protection sociale: L’apport des académiciens est primordial

L’accompagnement du projet de généralisation de la protection sociale par les académiciens est primordial pour aider les décideurs à prendre les « bonnes » décisions, a souligné mardi, le professeur à l’Université Mohammed VI Polytechnique, Abdelkhalek Touhami.

« Pour accompagner tout programme ou projet, la place de l’université, des étudiants et des chercheurs, est importante, puisqu’il faut simuler l’impact de ce qui est proposé, le niveau de soutenabilité et l’impact sur la population et le budget de l’État, surtout lorsqu’il est multidimensionnel », a indiqué M. Touhami qui intervenait lors de la 4ème édition des débats « Parlons développement », tenue sous le thème « Pauvreté et protection sociale en temps de Covid-19 : quels enseignements tirer au Maroc ? »

Les académiciens « doivent apporter des réponses rigoureuses aux questions, notamment de soutenabilité et d’impact, sur la base d’informations statistiques qu’il faut chercher et modéliser afin d’aider les décideurs à prendre les bonnes décisions », a poursuivi M. Touhami, également chercheur et consultant pour les organisations nationales et internationales.

Par ailleurs, l’universitaire a relevé que la réussite de toute réforme est relative au ciblage, qui a des conséquences au niveau macroéconomique et microéconomique.

« Au niveau macroéconomique, élargir le ciblage coûterait plus cher, creuserait le déficit et pourrait faire fondre les systèmes eux même à cause d’endettement. Au niveau microéconomique, si on n’élargit pas les cibles comme il faut, la pauvreté augmenterait », a-t-il expliqué.

Dans le même sillage, Larabi Jaïdi, Senior Fellow au sein du Policy Center for the New South (PCNS), a mis en exergue l’importance de définir « les cibles appropriées de la population qui ont besoin de couverture, le type de couverture à mettre en place ainsi que les domaines et les dispositifs ».

« La protection sociale ne se limite pas à la couverture maladie et à la retraite. Elle concerne aussi les filets de sécurité, qui mobilisent plusieurs programmes à rationaliser pour assurer un impact », a ajouté M. Jaïdi.

Parmi les enjeux les plus importants, il a mis l’accent sur la gouvernance du système de protection sociale. « Il s’agit de tous les dispositifs institutionnels qui permettent d’imaginer une nouvelle organisation tout en assurant une cohérence et une complémentarité entre ces dispositifs pour éviter notamment le gaspillage et le double emploi », a-t-il souligné.

Par ailleurs, l’expert a évoqué la question de la soutenabilité financière qui se pose pour la couverture maladie, notant qu’il faut penser aux mécanismes financiers qui vont l’accompagner.

De son côté, Boutaina Falsy, consultante spécialisée dans la protection sociale, a relevé que la question de la protection sociale est transversale et qu’un système social complet, inclusif et universel demeure une nécessité.

Mme Falsy a également indiqué que des instances au niveau international définissent la protection sociale comme un système qui englobe toutes les politiques, les programmes, les outils directs et indirects qui visent à protéger les individus et les foyers contre les aléas de la vie.

Tenue en format virtuel, la 4ème édition des débats « Parlons développement », est conjointement organisée par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), la Banque mondiale et le Policy Center for the New South.

Cette nouvelle édition organisée en partenariat avec l’Université Mohammed VI Polytechnique a été modérée par Dorothée Boccanfuso, Vice-Doyenne, chargée de l’Économie de développement à l’Université Mohammed VI Polytechnique.

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