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Les investissements climat en deçà des objectifs escomptés (CDG)

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Le rythme des investissements pour le climat au Maroc est en deçà des objectifs escomptés, affichant un gap de 60 milliards de dirhams (MMDH) par an, a relevé, mercredi le Directeur Général de la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), Abdellatif Zaghnoun.

« La contribution déterminée au niveau national en besoins d’investissements climat est de l’ordre de 14 MMDH par an, contre une estimation de 74 MMDH par an sur la période 2016-2020, soit un gap de 60 MMDH par an », a fait savoir M.Zaghnoun, lors d’un webinaire dédié à la présentation du premier panorama des financements climat au Maroc.

Mettant l’accent sur l’intérêt de ce premier panorama des financements climat au Maroc qui permet de dresser, dans sa version intermédiaire, l’état des flux financiers investis dans des projets climatiques d’adaptation et d’atténuation sur la période 2011-2018, M.Zaghnoun a mis en avant la prédominance des projets d’atténuation avec 80% du total investi, dont 38% dédiés aux investissements en énergie renouvelable.

Il a également fait état du niveau des efforts financiers engagés par le Maroc, pour se confirmer à ses engagements climatiques, notant que les investissements climat directs et indirects générés par la commande publique, représentent environ 74%.

A cette occasion, M. Zaghnoun a souligné l’engagement de la CDG visant à promouvoir l’économie et la finance durable au Maroc, notamment à travers le partenariat conclu avec le Think Tank français I4CE, qui a pour objectif de mener une action de soutien méthodologique au profit de la Caisse pour la réalisation de ce panorama.

De son côté, le Directeur Général du Think Tank I4CE, Benoît Leguet a salué l’initiative de la CDG visant à élaborer cet « outil de pilotage de transition vers une économie bas Carbonne et résiliente au changement climatique », mettant en avant l’utilité de la publication de chiffres précis pour animer la réflexion et le débat publics, ainsi que promouvoir le dialogue entre les différentes parties prenantes.

Revenant sur l’expérience et les difficultés rencontrées lors de l’élaboration du panorama en France, il a indiqué que le Think Tank I4CE a apporté toute son expertise au Maroc, en vue d’accélérer le processus d’élaboration et partir sur des bonnes bases pour la mise en place du panorama des financements climat au Maroc.

Pour sa part, le Directeur Général de l’Agence française de développement (AFD) Rémy Rioux, a fait savoir que le Maroc est le premier pays d’intervention de l’AFD avec plus de 450 millions d’engagements chaque année, ajoutant que 60% des financements de l’Agence au profit du Maroc portent sur le domaine climatique.

Il a souligné l’importance des institutions financières qui sont capables de mobiliser l’épargne et d’accompagner les acteurs financiers privés, à même de construire des marchés qui assurent le financement de l’économie verte, estimant que la profondeur de la crise actuelle engage non seulement la dimension quantitative des systèmes d’appui de transformation de l’épargne en investissement, mais nécessite également d’apporter des réponses aux enjeux qualitatifs.

Il a noté qu’au-delà du financement, il convient de capter, d’orienter et de transformer les investissements en projets climat, tout en développant des compétences techniques, notamment en matière d’ingénieries, qui peuvent être partagés entre tous les acteurs concernés.

Elaboré par la CDG, le premier panorama des financements climat au Maroc constitue un outil de pilotage et de suivi des objectifs climatiques du Maroc et facilite ainsi la concrétisation de la stratégie nationale du développement durable dans son volet climat.

Les secteurs économiques couverts par ce panorama sont l’énergie, le transport, l’agriculture, la gestion de l’eau, l’industrie et le bâtiment. Les dépenses d’investissement climat et les flux financiers ont été documentés à l’aide de données recueillies directement auprès des porteurs de projets. A partir de ces informations, le rapport retrace les flux financiers depuis les sources jusqu’aux investissements.

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