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Nezha Hami-Eddine, motivation pour le leadership féminin

Casablanca – Passionnée, persévérante et déterminée, Nezha Hami-Eddine, consultante, coach certifiée, formatrice et consultante en communication en entreprise et en promotion à l’international, spécialisée dans le développement des compétences, est une étoile brillante dans le ciel du leadership féminin.

Nourrie de passion et d’énergie nécessaire pour aborder la vie et surpasser les difficultés, cette dame de 58 ans, directrice de Cap RH consulting, cabinet dédié à l’accompagnement des ressources humaines, est l’image même de la combattante qui milite pour accompagner les jeunes femmes dans leur réinsertion professionnelle et sociale.

Connue pour son énergie débordante, sa passion communicative est le meilleur garant du succès des projets où elle s’engage et qu’elle mène tambour battant. « Je ne regrette rien de ce que j’ai entrepris. Je suis une incorrigible touche-à-tout et une éternelle exploratrice, car tout est à redécouvrir », a-t-elle dit à la MAP, à l’occasion de la Journée internationale des Femmes.

« Chaque jour, je pars explorer des contrées insoupçonnées en moi et ailleurs. La magie et la puissance de la passion m’ont permis, et c’est le plus important, de rencontrer des femmes et des hommes, juste extraordinaires, qui m’ont inspiré, guidé et éclairé mon chemin », a fait savoir cette insatiable de savoirs et des challenges.

Pilier d’une des plus grandes usines de confection au Maroc et dans la région, marketing manager chargée de la promotion de l’industrie du textile et de l’habillement à l’international, cet exemple de la femme qui a toujours osé aller au-delà des frontières, a réussi à promouvoir le Royaume en tant que terre d’investissement attirant de grands investisseurs. Elle est à l’origine de création de milliers d’emplois par la force de sa détermination et de sa passion pour son pays.

En 1995, Nezha a organisé à Londres le premier salon professionnel marocain à l’étranger, qui a, à cette époque, connu un « succès phénoménal ». « Les acheteurs britanniques ont découvert, pour la première fois, les possibilités d’approvisionnement du Maroc. J’ai ciblé la tête de locomotive Marks&Spencer, ce mastodonte a fait le reste du travail en ramenant avec lui tous ses sous-traitants », a-t-elle narré fièrement.

« Dans le textile, j’ai occupé deux postes qui ont beaucoup compté dans mon parcours professionnel. Bizarrement, lors de l’entretien d’embauche aux deux postes, je me suis entendu dire que j’avais le profil, mais que l’on ne peut pas me confier le poste, car je suis une femme », a-t-elle regretté, affirmant que l' »erreur à ne pas commettre avec une femme fière de l’être ! ».

Et de soutenir: « Aux deux, j’ai demandé, du tic au tac, si une femme a une incapacité génétique, qui l’empêcherait d’occuper des postes de responsabilité. Pris de court, les deux recruteurs (tous deux directeurs) ont répondu ‘non’ et s’étaient confondus en excuses. J’ai obtenu, haut la main, les deux postes ».

« J’y ai laissé mon empreinte indélébile, j’avais osé, créé, innové, relooké. Bref, défraichi le terrain et semé de belles graines, qui ont perduré des années après mon départ », a fait savoir Nezha, se félicitant d’honorer ses engagements. « Pour la petite histoire, ces deux recruteurs étaient devenus, par la suite, mes fervents supporters et soutiens. Je suis déterminée, mais point rancunière », a-t-elle renchéri.

Interrogée sur son parcours scolaire, Nezha s’est réjoui d’être un pur produit de l’enseignement public marocain. « J’ai toujours osé aller au-delà de certaines frontières mais j’ai été supportée et encouragée par des enseignants extraordinaires », a-t-elle reconnu, indiquant qu’après l’obtention de son baccalauréat en sciences économiques, elle a rejoint la faculté, où elle a obtenu sa licence en gestion d’entreprise. « C’est l’une des périodes les plus remarquable de ma vie: l’école, le collège, le lycée et la fac. Merci à l’école publique », a-t-elle soutenu.

Et le coaching ?

C’est une autre belle rencontre. Une rencontre avec moi et avec l’autre. Une rencontre qui se construit chaque jour et qui se consolide au gré des rencontres et des difficultés.

Les jeunes dans tout cela ?

Je me suis toujours passionnée pour les jeunes. Depuis une bonne dizaine d’années, j’accompagne les jeunes pour favoriser leur réinsertion professionnelle et sociale. J’ai monté, pour l’Association Maroc Challenge, un programme d’accompagnement pour les jeunes, baptisé « PeerUp », basé sur les récentes études sur l’impact des lifeskills et les softskills sur la sociabilisation des jeunes.

Il est admis que le niveau des skills est corrélé aux comportements à risque chez les jeunes. Plus ce niveau est bas, plus ils sont enclins à se mettre en danger (drogue, violence, grossesses prématurées, etc.)

Une fois par an, je déploie ce programme auprès d’une trentaine de jeunes. Pour donner à un plus grand nombre de jeunes de bénéficier de ce programme, j’ai formé des enseignants au programme « PeerUp » pour qu’ils puissent le déployer dans plusieurs régions du Maroc.

Un mot pour les femmes ?

« Aux femmes, je leur dirai qu’elles sont merveilleuses. Aux Marocaines, je leur dis qu’elles sont uniques ! », a-t-elle conclu.

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