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Lestée par Covid-19, la Bourse de Francfort s’enfonce

Par Salma EL BADAOUI

Casablanca – Face à l’incapacité du monde à endiguer l’épidémie du coronavirus malgré les mesures de confinement, la plupart des bourses européennes semblent être toujours au plus bas après plusieurs séances tumultueuses. Même son de cloche à la Bourse de Francfort qui n’a cessé de subir les effets de cette pandémie qui continue de peser lourd.

Le 28 février, date de la première grosse chute des indices boursiers, la première économie d’Europe se grippe aussi conséquence de l’inquiétude suscitée par l’épidémie. Résultat, la Bourse allemande subit de plein fouet l’impact et s’enfonce.

Signe des temps, la Bourse de Francfort a clôturé en très forte baisse, provoquant un séisme d’une ampleur inégalée. Le Dax plongeant de 3,86% et signant une perte de près de 12,5% sur une semaine, l’indice vedette a perdu 477,1 points, à 11.890,35 points, tandis que le MDax des valeurs moyennes dégringolait de 3,17%, à 25.366,62 points.

Un peu plus tard, emportées par une chute brutale des cours du pétrole, la plus forte depuis la guerre du Golfe (jusqu’à 30%), la bourse de Francfort, comme la plupart des bourses du monde entier vacillait. La raison de cet effondrement est en partie diplomatique.

En effet, suite au refus de la Russie de rejoindre les membres de l’Opep pour soutenir les prix face à la demande fléchissante de brut engendrée par le Covid-19, l’Arabie saoudite a ouvert les vannes et provoqué une baisse massive des prix du pétrole. Dans la foulée, les marchés d’actions ont plongé et les entreprises pétrolières se sont effondrées.

En Allemagne, comme dans la plupart des marchés mondiaux, la date du 09 mars est synonyme d’ »un lundi noir ». La Bourse a plongé de 7,94 %, sa plus forte baisse depuis le 11 septembre 2001.

« Les risques de récession mondiale ont augmenté » ont estimé les analystes, faisant observer qu’ »un recul prolongé de la consommation, en plus de fermetures prolongées d’entreprises, attaquerait les bénéfices, conduirait à des suppressions d’emplois et pèserait sur le moral des acteurs économiques ».

Trois jours après, la propagation du coronavirus a entraîné des chutes historiques sur les marchés financiers mondiaux. Plusieurs bourses, dont celle de Francfort, ont connu leurs pires séances.

Le Dax a fini à -12,24%, pire séance depuis 1989, sur fond de panique des marchés déclenchée par l’épidémie de coronavirus, l’indice vedette (Dax) a dévissé de 1.277,55 points pour terminer à 9.161,13 points, passant sous la barre des 10.000 points pour la première fois depuis 2016 et le MDax des valeurs moyennes a, de son côté, abandonné 10,91%, à 20.168,02 points.

La semaine d’après, la bourse de Francfort, comme les principales bourses d’Europe, a poursuivi son plongeon, chutant de -5,31 % à la clôture, en dépit de l’annonce d’une nouvelle baisse des taux surprise de la Réserve fédérale et une injection de liquidités de 700 milliards de dollars. Une mesure qui n’a pas semblé rassurer les marchés, tout comme les efforts des banques mondiales visant à assouplir les conditions auxquelles elles s’échangent les devises entre elles, afin de pouvoir garantir un approvisionnement suffisant des marchés en dollars.

Dans ce contexte, la première économie d’Europe n’échappera pas à la récession et la chute n’épargnera aucun secteur, soulignent les analystes. Le recul de la production, lié aux effets du Covid-19 pourrait même être plus important que celle de 2009 et le PIB allemand pourrait subir une contraction de 1,3 % à 9 % dans le pire des cas, selon les dernières hypothèses.

Malgré les efforts fournis par des banques centrales pour amoindrir l’impact économique du nouveau coronavirus, les principales bourses européennes ont continué de plonger. Force est de constater que cette vague de panique, qui s’est emparée des places financières du monde et provoqué des plongeons historiques des indices boursiers, a jeté un froid sans précédent chez les investisseurs qui craignent le pire face à cette situation qui paralyse l’économie mondiale et laisse présager le risque d’une récession globale.

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