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PE, des instruments prometteurs qui peinent à décoller

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Casablanca, Près d’une décennie après leur lancement, les plans d’épargne peinent toujours à prendre leur envol dans un marché où l’engouement pour d’autres instruments d’épargne et de financement n’est plus à démontrer.

Plan d’épargne action (PEA), Plan d’épargne éducation (PEE) et Plan d’épargne logement (PEL) tels sont les trois instruments qui permettent respectivement à leurs souscripteurs de constituer une épargne orientée vers un investissement dans le marché boursier, le financement de l’éducation de ses enfants et l’accès à un logement.

Caractérisés par des durées de placement longues, des seuils plafonnés et d’un manque de souplesse, ces produits nécessitent, de l’avis des professionnels, une remise à niveau pour pouvoir concurrencer des produits d’épargne classiques qui concentrent l’essentiel des dépôts des particuliers.

En effet, le PEA a eu droit à une mise à jour au titre de la loi de finances 2020 dans le cadre des mesures d’encouragement des opérations d’épargne. Après avoir été limité à un seuil de 600.000 dirhams, le plafond des versements cumulés effectués par le souscripteur au PEA peut désormais aller jusqu’à 2 millions de dirhams.

« Les seuils limités à 600.000 dirhams dissuadaient les clients avec d’importants revenus », estime l’économiste El Mehdi Fakir, pointant du doigt également les durées relativement longues de conservation de l’épargne pour bénéficier de l’avantage fiscal.

Et d’ajouter que ces produits ont besoin de vulgarisation et d’un appui commercial plus fort au niveau des points de vente. « Il faut soigner le produit sur le plan marketing et puis travailler sur la fiscalité pour l’embellir », a-t-il souligné.

Pour sa part, Saïd Amaghdir, directeur associé chez Finance Value Consulting, a souligné que ces plans ne sont pas assez connus pour le client marocain et ne figurent pas parmi les produits commercialisés massivement dans le secteur bancaire.

Sur le plan de flexibilité, l’expert a donné l’exemple du PEE, selon lequel le souscripteur souhaitant récupérer une partie de son épargne est contraint à la fermeture de ce plan et le paiement de la taxe sur la plus value, or dans d’autres pays, les souscripteurs bénéficient d’une certaine souplesse en cas de besoin d’une avance sur lesdits plans.

Un autre enjeu important de ces instruments, c’est la fiscalité dans la mesure où la carotte fiscale n’est pas octroyée en amont à l’instar de l’assurance épargne retraite qui est exonérée de l’IR à l’entrée en plus d’un abattement de 40% lorsque le client atteint l’âge de 50 ans et achève 8 ans de cotisations.

Pour soutenir la dynamique de ces produits, des efforts de communication s’imposent : « il faut expliquer aux salariés et aux entreprises et à toutes les cibles si on aspire à une commercialisation correcte ».

Ce volet de commercialisation implique selon l’expert « un réseau dédié qui milite pour l’inclusion et l’éducation financières qui sont à même d’assurer un développement serein de ces instruments », notant que les indicateurs récents sur la bancarisation des Marocains (entre 56% et 64%) et le taux de pénétration du marché d’assurance (3,7%) portent à croire que les plans d’épargne recèlent un potentiel énorme de développement.

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