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Comment augmenter la part du formel dans l’emploi total?

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Casablanca – Le nouveau modèle de développement (NMD), présenté mardi à SM le Roi Mohammed VI, par la Commission Spéciale sur le Modèle de Développement (CSMD), ambitionne de doubler de 41% à 80% la part de l’emploi formel dans l’emploi total.

Abdelghani Youmni, économiste et spécialiste des politiques publiques, jette la lumière, dans un entretien à la MAP, sur les moyens pour atteindre cet objectif et analyse les axes de transformation nécessaires.

Pistes à explorer pour atteindre cet objectif

Ce challenge nécessite une sorte d’harmonisation territoriale et spatiale des outils de production et des compétences.

Il s’agit aussi d’une lutte « efficace et effective » contre toutes les formes de fraudes fiscales, financières et économiques, estime M Youmni.

Le citoyen marocain, ajoute-t-il, doit devenir en contrepartie la cible de politiques publiques inclusives et réparatrices des inégalités sociales, territoriales et de genre.

De l’avis de l’économiste, cette perspective est aussi une urgence et impose de faire le pari d’une démocratie de ruche, la construire en forgeant chez le citoyen la nécessaire préservation de la stabilité et le devoir de participer à l’exercice électoral pour devenir un serviteur du bien commun et du destin du pays.

Capital humain: Des réformes à approfondir !

La réalisation des objectifs reste tributaire aussi de la promotion du capital humain, lequel se veut un moteur de la dynamique de développement, d’inclusion et de réactivation de l’ascenseur social.

Principal déterminant de la capacité du Maroc à créer des richesses et à accélérer sa convergence vers les standards des nations avancées, ce capital nécessite, selon la CSMD, un renforcement pour permettre à tous les citoyens de prendre en main leur devenir, de réaliser leur potentiel en toute autonomie et de participer au développement du pays et à son intégration dans l’économie du savoir et de l’immatériel, portées par les compétences.

C’est dans ce sens que M. Youmni souligne l’importance qu’accorde le nouveau modèle de développement au capital humain, mettant en avant l’objectif d’augmenter la proposition des élèves de 15 ans atteignant le niveau minimum de compétence (niveau 2 de l’échelle PISA) en lecture, en mathématiques et en sciences à 75% à horizon 2035.

Atteindre cet objectif nécessitera des réformes profondes, fiscale, sociale et d’éducation et un choix définitif entre un enseignement public-privé financé par l’impôt, les ménages riches et les aides de l’Etat pour inclure les couches vulnérables et instaurer par ricochet l’égalité des chances à l’école et l’enseignement public pour tous, explique-t-il.

Ce choix pèsera sur les finances publiques et rendra le poids de la dette de plus en plus lourd », note M. Youmni.

Axes de transformation pour atteindre les objectifs escomptés

Selon l’économiste, il est question de faire évoluer l’économie de son statut d’économie à « faible valeur ajoutée » vers celui d’économie diversifiée et à haute valeur ajoutée.

« Cela impose un « Big Bang » dans les mentalités. L’entrepreneur marocain doit accepter le long terme et le risque et ne plus se contenter du confort du revendeur et du bénéfice tiré d’une opération de vente », dit-il.

Il s’agit aussi de permettre au citoyen de devenir maître de son avenir, développer des aptitudes sociales, des compétences professionnelles et techniques et de s’intégrer dans l’économie du savoir et de l’immatériel.

« C’est assurément, un des points les plus névralgiques du NMD et là aussi, nous aurons besoin de moyens, d’investir dans nos médias et nos moyens d’informations, les rendre plus proches du citoyen, financer la culture et toute manifestation permettant d’élever l’agilité et l’éveil, encourager l’art de communiquer et de construire les plaidoyers », poursuit M. Youmni.

Quant à la réduction des disparités territoriales, l’accélération de la régionalisation avancée et la responsabilisation, financièrement et administrativement, des élus locaux et des régions, l’économiste met en avant l’importance de créer des filières d’enseignement et de formation aux métiers de la gouvernance, des finances sociales et publiques et de l’évaluation des politiques publiques, de parier sur l’apprentissage des langues et plus particulièrement la langue anglaise, langue de décodage des secrets de la mondialisation et de l’économie numérique.

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