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Covid_19: un virus qui a chamboulé Wall Street

Par:  SAMIA BOUFOUS.

Casablanca- Ces trois derniers mois, aucune place financière n’a été épargnée par un plongeon brutal, y compris la bourse de Wall Street qui a vu les actions des entreprises qui y sont cotées chuter comme jamais. En cause, l’épidémie du coronavirus qui continue de se propager et d’inquiéter à tel point que certains experts songent déjà à une fermeture provisoire des marchés financiers.

Fin janvier, la Bourse de Wall Street avait terminé sur sa plus mauvaise note depuis octobre dernier, emboîtant le pas aux places financières européennes sur fond d’inquiétudes que l’épidémie du coronavirus ne nuise à l’économie mondiale.

Ainsi, l’indice S and P 500 avait clôturé la journée du 28 février en baisse de 1,6%, sa deuxième baisse consécutive, qui a annulé une grande partie des gains du marché depuis le début de l’année et sa plus forte chute depuis le 2 octobre dernier, lorsque la guerre commerciale entre Washington et Pékin attisait les craintes d’un ralentissement économique aux Etats-Unis.

Les débuts du mois de février ont été, quant à eux plutôt favorables pour la bourse de New York, dont les indices étaient en hausses remarquables. Le 6 Février, Wall Street, qui dopée par plusieurs signaux positifs, a même atteint de nouveaux records, poursuivant sa tendance haussière pour la quatrième séance consécutive.

Le Dow Jones Industrial Average avait grimpé de 0,30% pour finir à 29.379,77 points, le Nasdaq, à forte coloration technologique, s’est amélioré de 0,67%, à 9.572,15 points, alors que le S and P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de la place, a atteint 3.345,78 points, soit plus 0,33%.

Les marchés préféraient toujours ignorer les craintes liées à l’épidémie du coronavirus en Chine et son impact à travers le monde pour se focaliser sur l’annonce par Pékin de la réduction de moitié des droits de douane sur 75 milliards de dollars d’importations américaines à compter de la mi-février.

Ce n’est que vers la fin du même mois, que la panique à commencer à s’installer réellement au sein des marchés financiers américains, qui ont remarquablement chuté, prolongeant ainsi une perte de quatre jours qui ne s’est pas produite depuis la crise financière de 2008, au milieu des craintes croissantes concernant la propagation du virus et la menace pour l’économie mondiale.

La panique engendrée sur les marchés boursiers par l’épidémie mondiale galopante du Covid_19 s’est poursuivie le 28 février, à Wall Street pour le septième jour d’affilée, les actions américaines dégringolant après de fortes baisses en Asie et en Europe.

En effet, les ventes des actions ont ainsi entraîné les indices boursiers du monde entier dans une phase dite de correction, une inversion de 10% ou plus qui est prise comme une mesure de pessimisme extrême en l’espace de quelques jours.

S’agissant du mois de Mars, la Bourse de New York l’a entamé en très forte baisse, minée par une forte anxiété face à la propagation du virus et ses répercussions potentielles sur la croissance mondiale.

L’indice vedette de Wall Street, le Dow Jones Industrial Average, reculait de 2,66%, à 25.426,62 points et le Nasdaq, à forte coloration technologique, baissait de 2,44%, à 8.523,29 points.

En revanche, les investisseurs continuaient à se ruer sur les produits financiers considérés comme des « valeurs refuges », dont la dette des Etats-Unis. Signe d’une très forte demande, le taux sur les obligations américaines à 10 ans a baissé pour la première fois sous le seuil des 0,7%.

Quelques jours après, soit le 9 mars, la bourse a connu sa pire séance depuis la crise financière de 2008, sur fond du krach pétrolier et des craintes de la propagation du coronavirus. L’indice de référence du marché américain, le Dow Jones Industrial Average a ainsi lâché plus de 2.000 point à la fermeture, soit une dégringolade de 7,83% à 23.389,46 points.

« Le Krach pétrolier était imprévisible, les marchés étaient déjà très nerveux à propos du coronavirus, et donc l’incertitude à propos de deux variables de taille a créé la panique », a relevé l’analyste marocain à Wall Street Youssef Squali, dans une déclaration à la MAP, qualifiant les variables de « black swans » , en l’occurrence, des éventualités qui arrivent chaque 10 à 20 ans et qu’on ne peut prédire.

Wall Street continuait sa dégringolade le 12 mars, après une nouvelle interruption des échanges jeudi matin, la deuxième cette semaine, au lendemain de la décision du président Donald d’interdire les voyages entre les Etats-Unis et l’Europe pour contenir la propagation du coronavirus.

Des pertes importantes lors des premières heures des échanges ont déclenché le mécanisme du disjoncteur du marché, qui arrête les échanges pendant 15 minutes, en vue d’empêcher les actions de baisser librement et donne aux investisseurs une chance de réévaluer. Néanmoins les actions ont continué de chuter, même après l’arrêt des échanges.

Lundi matin, les actions à la bourse américaine ont plongé de nouveau au lendemain de la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed) de baisser son taux directeur à presque zéro point de pourcentage pour protéger l’économie et stabiliser les marchés financiers bouleversés par la pandémie de coronavirus.

Le Dow Jones Industrial Average, indice de référence de la bourse de New York, a reculé de 2.442 points, en baisse de plus de 10%, lors des premières heures des échanges. Cette situation révèle le niveau de panique parmi les investisseurs depuis que la pandémie de coronavirus a commencé à s’intensifier, perturbant les chaînes d’approvisionnement, l’emploi et infectant des dizaines de milliers de personnes un peu partout dans le monde, les analystes.

Une note de Goldman Sachs, fait savoir que le coronavirus pourrait bien mettre fin à la décennie de croissance exceptionnelle qu’a connue les États-Unis. La banque d’affaires pense que les entreprises américaines ne connaîtront pas de croissance de leurs profits en 2020 et estime à 40% les risques de récession d’ici l’été.

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