À LA UNE

Redynamiser l’épargne par des incitations !

Casablanca – Dans une conjoncture de sortie de crise conjuguée à une hausse du besoin de financement, renforcer et diversifier les incitations à l’épargne, afin de réaliser une croissance inclusive et durable s’avère plus que jamais nécessaire.

La célébration de la journée mondiale de l’épargne (31 octobre) offre ainsi l’occasion de souligner la nécessité de sensibiliser davantage à l’importance de l’épargne mais surtout d’offrir des incitations financières afin d’encourager les ménages à l’épargne, notamment à long terme.

La mobilisation de l’épargne, considérée depuis longtemps comme « une vertu et une pratique fondamentale pour le progrès social de chaque individu et de chaque nation », est donc plus que jamais essentielle pour financer les différents secteurs de l’économie sévèrement impactés par les conséquences de la pandémie de Covid-19.

D’ailleurs, le Nouveau Modèle de Développement (NMD), dans son volet financement, souligne que l’augmentation de l’investissement privé requiert notamment la mobilisation efficiente de l’épargne institutionnelle et son déploiement en faveur des financements à long terme du NMD, moyennant l’adaptation du cadre réglementaire régissant les caisses de retraites et de protection sociale et les assurances.

Ainsi, le développement de l’éducation et de l’inclusion financière demeure fondamental pour stimuler l’épargne nationale, estimée à 30,5% du PIB au deuxième trimestre de 2021, selon des données récentes du Haut-Commissariat au Plan (HCP).

Pour inclure financièrement un citoyen, cela passera nécessairement par son alphabétisation ainsi que l’amélioration au préalable de ses compétences et ses connaissances économiques et financières.

Certes, des efforts ont été déployés dans ce sens aussi bien en matière d’éducation financière de la part des autorités compétentes ou des associations, qu’en matière de bancarisation. En revanche, la communauté financière devrait fournir davantage d’efforts à travers l’élargissement et la diversification des opportunités et des produits de l’épargne parallèlement à l’élargissement de l’accès aux services financiers à un plus grand nombre de ménages.

Il s’agit aussi d’aider les ménages à améliorer leur connaissance des produits financiers, acquérir les compétences et la confiance nécessaires pour mieux comprendre les risques et les opportunités de la finance et faire des choix éclairés.

Dans ce sens, la digitalisation bancaire offre aujourd’hui d’immenses opportunités en matière d’inclusion financière. Plusieurs banques marocaines ont effectivement lancé depuis quelques années des produits qui couvre l’ensemble des services, y compris l’épargne.

La micro-épargne et les dépôts collectés par les institutions de micro-finance, pourra aussi contribuer à l’effort de mobilisation. Une réforme de la loi relative au microcrédit a été engagée à cet égard pour permettre aux associations du microcrédit de mobiliser l’épargne, de diversifier leurs produits et d’accéder à des ressources financières importantes pour financer leur croissance.

Par ailleurs, la mobilisation de l’épargne se trouve confrontée à plusieurs défis, à savoir notamment l’absence d’une culture d’épargne chez les ménages marocains accentuée par les effets néfastes de la crise sanitaire. Les résultats de la dernière enquête de conjoncture du HCP auprès des ménages révèlent que seulement 4,2% des ménages interrogés affirment épargner une partie de leur revenu.

En outre, des baisses ont été constatés au niveau des taux de rémunération des dépôts à terme à 6 mois et de ceux à 12 mois, à fin août 2021, de 16 points de base et de 4 points pour s’établir respectivement à 2,25% et à 2,54%, d’après le Tableau de bord Crédit-Dépôts bancaires de Bank Al-Maghrib.

Pour les comptes d’épargne, leur taux minimum de rémunération a été fixé à 1,03% pour le deuxième semestre 2021, soit un repli de 24 points de base par rapport au semestre précédent. Une situation qui, selon des analystes, « risque d’affecter l’attractivité des produits d’épargne ».

Il s’avère donc impératif pour l’ensemble des acteurs du système financier d’agir en proposant une large gamme de services financiers attractifs basés sur des solutions innovantes et de fournir plus d’efforts pour favoriser l’inclusion financière et encourager l’épargne.

Voir aussi:

Textile : des opportunités qui se profilent

Hassnaa EL AKKANI

Baisse à 4,32% du taux débiteur global au T2

m.mojahid

Marché secondaire: La volumétrie en hausse à 9 MMDH