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Maroc/OCI: Interview avec la directrice générale du CIDC

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Propos recueillis par Yosra Bougarba.

Casablanca – La directrice générale du Centre islamique pour le développement du commerce (CIDC), Latifa Elbouabdellaoui, a accordé une interview à la MAP sur les échanges commerciaux entre le Maroc et les pays membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et les perspectives de développement de ces relations. En voici la teneur:

– Comment évaluez-vous les relations commerciales entre le Maroc et les pays membres de l’OCI ?

Les échanges commerciaux entre le Maroc et les pays de l’OCI ont connu une évolution constante durant les dix dernières années. Ils atteignent leur apogée au titre de l’année 2019, avec plus de 131 milliards de dirhams (MMDH).

Toutefois la crise économique liée au Covid-19 n’a pas été sans effets sur ces échanges dans la mesure où l’on a assisté à un léger fléchissement, en 2020, se chiffrant à 87, 87 MMDH.

Le Maroc a exporté en moyenne 33,5 MMDH, durant les trois dernières années avec comme principaux produits les voitures de tourisme, l’acide phosphorique, les engrais naturels et chimiques, les fils et câble électriques et certains produits alimentaires, notamment les conserves de poissons.

Quant aux importations des pays membres de l’OCI, elles se sont chiffrées à 62,8 MMDH, comme moyenne des trois dernières années. Elles ont concerné essentiellement les hydrocarbures, les produits plastiques et le soufre brut ainsi que les produits semi-finis en fer et acier.

– Quelles sont les perspectives de développement de ces relations ?

L’OCI compte 57 pays membres, situés en Asie, Afrique, Moyen orient et Amérique, représentant pas moins de 2 milliards de consommateurs potentiels avec plus de 50% de jeunes de moins de 25 ans.

Il s’agit d’un marché très prometteur en pleine expansion, offrant ainsi de grandes opportunités que ce soit en termes de commerce ou d’investissement.

C’est là un des marchés alternatifs les plus attrayants dans le cadre de la stratégie marocaine en termes de diversification des produits et débouchés à l’export. Le fort intérêt du Maroc au projet d’intégration économique de l’OCI augure d’un avenir meilleur pour les relations de partenariat avec ses pays membres.

Il y a lieu de rappeler que la mise en place de cette organisation a été concrétisée sous l’impulsion de Feu SM Hassan II, un certain 25 septembre 1969 à Rabat.

Ces relations s’inscrivent dans le cadre du partenariat “win-win” avec comme directive première le partage de la prospérité et la mise en valeur des complémentarités entre les régions de l’espace OCI. Les facteurs de réussite sont d’ailleurs bien présents à travers la mise à profit des richesses dont dispose chacun des pays membres couplée au développement des chaînes de valeur régionales.

Au regard de ces potentialités, le Maroc dispose de tous les atouts pour renforcer son positionnement dans les chaînes de valeur régionales de la zone OCI.

Dans le cadre de ses efforts pour développer le commerce et investissement intra-OCI, le CIDC prévoit des programmes pour le renforcement des chaînes de valeurs régionales, comme exemple en date, le secteur de “Hallal” du fait de son évolution au niveau mondial, offre de grands potentiels de développement aux entreprises marocaines notamment dans les industries agroalimentaires et cosmétiques d’autant plus que ce secteur est aujourd’hui dominé par des pays hors zone OCI.

Le CIDC prévoit dans ce sens des activités pour son renforcement notamment l’organisation de plusieurs salons.

– Comment le Maroc peut-il saisir l’opportunité que présente le boom du e-commerce dans le monde, en particulier dans les pays de l’OCI ?

Effectivement, la pandémie du Covid-19 a montré l’importance du e-commerce. En 2020, les ventes de e-commerce mondial ont crû de 24% pour atteindre 4.280 milliards de dollars, ce qui représente 20% de toutes les ventes au détail.

Au niveau de l’espace OCI, il y a lieu de citer l’exemple de l’Indonésie et l’Égypte, dont la population dépasse les 200 millions d’habitants qui offrent des opportunités certaines pour le Maroc.

Même chose pour les Etats arabes du Golf qui, du fait de leur avancée dans les nouvelles technologies, s’offrent un potentiel énorme de consommation.

Avec la multiplication des plates-formes électroniques utilisées par les opérateurs marocains, l’e-commerce se présente comme un maillon important dans le renforcement des circuits commerciaux pour les entreprises marocaines.

Selon les derniers chiffres sur l’activité monétique marocaine en 2021, l’e-commerce a connu une progression d’environ 50% en nombre d’opérations et 31% en valeur par rapport à l’année 2020.

Enfin, le secteur privé marocain s’évertue à tirer profit des opportunités du marché de l’OCI à travers le lancement récent de “Digital Now”. Cette nouvelle stratégie nationale vise d’ailleurs à accélérer la transformation numérique et relever les freins écosystémiques, en mettant le focus sur les défis des infrastructures technologiques et la réglementation.

– Le Maroc a satisfait toutes les exigences pour rejoindre le système des préférences commerciales des États membres de l’OCI, avec une opérationnalisation prévue le 1er juillet 2022. Quels sont les avantages qui seront procurés au Royaume grâce à ce système ?

L’opérationnalisation de ce système en juillet permet d’atténuer les barrières tarifaires et administratives au commerce. Il représente le point de départ vers une véritable intégration commerciale régionale qui offre l’accès à l’ensemble des marchés des 57 pays de l’OCI, avec des conditions préférentielles.

Le Maroc est parmi les pays de l’OCI qui ont satisfait les conditions de l’application du Système des préférences commerciales de l’OCI, vu l’importance donnée à l’intégration économique intra-OCI.

En témoigne, le message de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, aux participants à la cérémonie de commémoration du 50è anniversaire de la création de l’OCI, dans lequel le Souverain a salué “toute initiative visant à développer nos groupements économiques, dans la perspective de la création d’une zone de libre-échange à l’intérieur de l’espace islamique”.

Du fait de la levée progressive des barrières tarifaires et la facilitation du commerce, le Maroc a l’opportunité de s’approvisionner en matières premières et semi-produits.

Et ainsi par la même occasion, accélérer son processus d’industrialisation, et développer au mieux ses exportations sur de nouveaux marchés de l’OCI en l’absence au jour d’aujourd’hui d’accords commerciaux préférentiels favorisant la complémentarité entre pays musulmans.

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